Idées de business 

Patron défricheur : Allegorithmic

Sébastien Deguy fondateur d' Allegorithmic a mis au point en 2003 une technologie pour alléger le poids des jeux vidéo et les adapter aux mobiles. En 2008 sa société compte déjà 23 salariés.

Maxime Amiot / Oséo | LEntreprise.com | Mis en ligne le 09/08/2008
 
 
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Naïf, mais joueur. » Ainsi se décrit Sébastien Deguy, fondateur de la société Allegorithmic. De la naïveté, il en fallait pour créer son entreprise dès la fin de ses études, en 2003. « Je ne connaissais pas grand-chose au monde de l'entreprise. Je n'avais même pas effectué de stages ! » se souvient-il. Seule corde à son arc, et de taille : son doctorat effectué à l'université d'Auvergne.
Travaillant sur la modélisation de milieux complexes, le jeune homme réfléchit notamment à la mise au point d'algorithmes permettant de reproduire la texture sur informatique. La couleur d'un objet, son relief, sa luminosité : autant de données qui nécessitent une programmation savante pour être visualisées de façon optimale sur un écran.
D'où le principe de ProFX, logiciel développé par la jeune société : une technologie permettant d'accélérer jusqu'à six fois la production de texture, et surtout d'en alléger de plus de mille fois le poids. A la base de cette prouesse, des modèles mathématiques novateurs, mais aussi la vision du fondateur.
Dès le départ, il adapte sa technologie à l'univers des jeux vidéo, secteur en plein essor.
« Dans un jeu sur ordinateur, la texture représente 70  % du poids du fichier, et coûte très cher. Il y a une vraie demande. » Le jeune chercheur peaufine néanmoins son projet avant de le proposer aux éditeurs : il récolte un million d'euros (770000 euros d'Oséo, le reste provenant d'autres aides publiques et de Love Money), qui lui permet de travailler dans la sérénité et de s'entourer de quatre développeurs.

Espoir international

Sébastien Deguy est aussi joueur. Il n'hésite pas à démarcher directement les grands noms du secteur pour leur proposer son logiciel.
En 2007 et 2008, ProFX a ainsi été adopté par Virtual Earth - logiciel de Microsoft concurrent de Google Earth - et Néosoft, leader des jeux en ligne multijoueurs.
Les résultats commencent à poindre : les trois premiers mois de 2008 ont permis d'engranger l'équivalent du chiffre d'affaires 2007, soit 200 000 euros, tandis que la société compte déjà vingt-trois collaborateurs. Et ce n'est qu'un début : disposant d'un bureau à Paris et d'un autre en Californie, la société auvergnate espère se développer à l'international. « Dans ce secteur, l'activité se fait à l'échelle mondiale. Il faut voir grand », explique Sébastien Deguy.
Prochain objectif : décrocher des contrats avec d'autres références incontournables du jeu vidéo, Electronics Art et Ubisoft en tête. Pas si naïf...

C'est une une technologie unique au monde
Yannick Izoard, chargé d'affaires OséoAuvergne

La force d'Allegorithmic, c'est d'avoir développé une technologie unique au monde. Le secteur des jeux vidéo est en plein essor et voit ses perspectives démultipliées avec l'arrivée des jeux sur téléphone mobile. Surtout, en signant des contrats avec les grands du secteur, la société consolide sa position à moyen terme, rendant plus compliquée l'arrivée de concurrents.

Cette réussite est d'autant plus étonnante que le fondateur a un pur profil de scientifique. Il est rare de trouver chez un jeune thésard cette conscience des réalités du marché.

 
 
 
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