

Le livre électronique (e-book) a beaucoup fait parler de lui lors du Salon du livre de Francfort, la semaine dernière. Sony, Amazon, bientôt LG, et peut-être même Google et Apple lancent les leurs. Le Français Bookeen s’est aussi fait une place, avec son Cybook. Retour en images sur son parcours, avec son co-fondateur, Michaël Dahan.
C’était la star du Salon du livre à Francfort, qui se tenait la semaine dernière. Le livre électronique (ou e-book), simple tablette de moins d’un centimètre d’épaisseur, qui peut stocker jusqu'à quelques milliers d’ouvrages en format numérique, pourrait s’imposer dans les usages comme le livre du futur, dématérialisé.
Un an après Sony, qui a dévoilé son Reader, l’Américain Amazon vient de lancer, le 19 octobre, son Kindle sur le marché européen. Dans ce business à peine naissant, un petit Français joue aussi des coudes : Bookeen, créé en 2003, vient de présenter son Cybook Opus, ‘livre numérique’ de 150 grammes pour moins d’1 cm d’épaisseur (voir démo vidéo), qui peut contenir quelques milliers de livres numérisés grâce à sa mémoire d’1 giga-octet.
Sa principale innovation : il a abandonné l’écran LCD pour la technologie d’encre électronique qui, ajoutée au rétroéclairage, garantit un certain confort de lecture.
Pourtant, lorsque Michaël Dahan lance Bookeen en 2003 avec Laurent Picard, l’aventure est loin d’être gagnée. Il se remet à peine de la mise en liquidation judiciaire de Cytale, initiée avec Jacques Attali. Les liquidateurs sont peu compréhensifs : « nous n’avons pas pu repartir avec les brevets du Cytale, qui sont tombés dans le domaine public », raconte Michaël Dahan, 38 ans, président et co-fondateur de Bookeen.
Bon an mal an, les co-fondateurs lancent Booken, avec un capital initial de 7 500 €. Et quelques aides : 30 000 € d’aides à l’innovation Oséo en 2006, des crédits d’impôts via le Crédit d’impôt recherche, une exonération de charges et d’impôts sur les sociétés en tant que Jeune entreprise innovante (JEI), puis 350 000 € sur deux ans dans le cadre du projet SYLEN, dédié aux nouveaux terminaux électroniques, de Cap Digital, financé par la Région Ile-de-France.
Mi-2009, coup de chance, ils lèvent 1,5 million d’euros auprès d’une holding ISF. Aujourd’hui, la société compte une quinzaine de salariés.
Prudente, la start-up se tient prudemment à l’écart de la bataille des contenus. « Nous sommes un constructeur. Nous ne proposons pas de boutique en ligne de téléchargement de livres numériques », précise Michaël Dahan. Elle préfère s'associer à des acteurs locaux dotés de leurs boutiques en ligne, comme la Fnac en France, Books on Board aux Etats-Unis, ou encore Libri.de en Allemagne, qui, eux, proposent Bookeen à vendre sur leurs e-boutiques.
Avec les éditions précédentes de son Cybook (le Gen3 à écran 6 pouces et l’Opus à écran 5 pouces, vendus environ 280 €), la start-up affiche des données confortables : 1,865 million d’euros de chiffre d’affaires pour 2008, une prévision de 4 millions d’euros pour 2009, 10 000 pièces vendues en 2008, une prévision de 30 000 pour 2009…
Avec une zone de chalandise qui s’étend : « aujourd’hui, nous réalisons 20% de notre chiffre d’affaires en France. Le reste, nous le tirons de l’Allemagne, ‘Espagne, l’Italie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, et la Russie », explique Michaël Dahan.
Mieux, son réseau de distribution s’étend : il compte une centaine de revendeurs, dont Pixmania, Gilbert Joseph, des grandes chaînes de libraires à l’étranger, et surtout, depuis septembre, la Fnac. Sony y avait jusque là l’exclusivité de distribution de son Reader.
Face à ses concurrents, le petit frenchie tient la route grâce à ses prix, parmi les plus bas du marché (fruit de plusieurs modèles successifs), et au fait qu’il accepte plusieurs formats, dont ePub, prédominant dans les e-books .
L’e-book pourra-t-il à entrer dans les usages ? Certes, l’iPhone commence à induire de nouvelles habitudes, dont celle de lire des textes sur un écran.


J'ai vu le Bookeen au salon du livre. Cet appareil à un écran avec une technologie absolument géniale qui donne l'impression d'être vraiment face à un espèce de papier. C'était la première fois qu'un livre électronique me faisait vraiment envie. Bon vent à nos petits français.
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