

Labotec, lancée à Miami par deux Français, propose aux internautes de lui soumettre des idées d'applications pour smartphones, puis développe celles qu'elle sélectionne. Une nouvelle forme de crowdsourcing... alors que certains parlent d'une nouvelle bulle autour des « applis » mobiles.
Une entreprise qui passe au crible votre idée d’application mobile pour iPhone, et la développe elle-même si elle lui semble intéressante. Puis partage les bénéfices de sa vente avec vous : il fallait y penser. La start-up Labotec, co-fondée par le serial entrepreneur Pierre-Olivier Carles et Florian Seroussi, repose en effet sur l’idée de développer des applications pour smartphones jugées prometteuses, parmi des propositions émanant exclusivement de particuliers. Cerise sur le gâteau, ces applications (qui ont toutes vocations à être payantes) sont proposées sur l’AppStore d’Apple.
Le concept n’arrive pas sur un terrain totalement vierge. Pour le moins, il est dans l’air du temps, dans un contexte où le succès des applications pour iPhone, téléchargées (gratuitement ou pas) sur l’AppStore, fait rêver plus d’un développeur ou d’un créateur de start-up, en France ou dans la Silicon Valley, comme L’Entreprise.com en parlait déjà dans cet article. Mais il fait aussi rêver les constructeurs, qui proposent aussi des applications sur leurs sites, tels RIM (Blackberry), Nokia (Ovi Store), Android, et, depuis la semaine dernière, Samsung.
On commence même à parler de bulle autour des applications iPhone : plus encore depuis que l’institut GigaOM a posté une note, estimant que les applications payantes téléchargées sur l’AppStore d’Apple représenteraient 2,4 Milliards de dollars annuels, soit quelques 200 Millions de $ par mois. Des chiffres jugées totalement surestimés, sur lesquels Apple ne communique pas…
L’idée de Labotec ? La start-up, lancée en mai dernier à Miami, vise à sélectionner les idées d’ « applis » les plus prometteuses parmi celles qui lui sont soumises via son formulaire en ligne, sur son site Internet. Seuls les particuliers peuvent lui proposer leurs idées, mais nullement les entreprises. Labotec mise sur l’expertise dont dispose chaque internaute.
En clair, elle surfe sur la vague du crowdsourcing (dont nous parlions dans cet article), qui consiste à exploiter des connaissances éparpillées d’internautes, et, à la base, à externaliser un maximum de tâches. Les apporteurs d’idées, appelés « inspirers », auront d’autant plus les faveurs de Labotec si leur application concerne un domaine où ils ont leur propre savoir-faire, leur expertise en somme. « Un boulanger, un agent immobilier qui ont une idée d’application en rapport avec leur métiers, cela nous intéresse. Nous retiendrons avant tout des applications pratiques, destinées à faciliter le quotidien des gens », explique Pierre-Olivier Carles. Les applications ont vocation à être proposées via l’AppStore, une fois validées par Apple. « Dans un second temps, nous envisageons de les proposer sur la plateforme de Blackberry, et d’Android pour certaines », poursuit Pierre-Olivier Carles.
Concrètement, les projets qui leur parviennent via le formulaire en ligne sont retenus en fonction de leur faisabilité (technique, juridique, par rapport au marché…), puis les plus prometteurs sont passés au crible par un comité de sélection comprenant les deux co-fondateurs, avec un avocat et un développeur. « Nous donnons une réponse aux ‘inspirers’ sous un mois. Nous soumettons le projet d’application à Apple, qui répond en général sous un mois », précise Pierre-Olivier Carles.
Le modèle économique est simple : Labotec prend en charge les frais de développement, une fois l'idée de l'"inspirer" retenue, ainsi que les 99 $ à verser à Apple pour que cela soit intégré dans l’AppStore. Quand aux bénéfices réalisés par la vente de l’application, une fois la commission de 30% prélevées par Apple, « nous les touchons intégralement jusque 25 000 $. Au-delà, on partage les bénéfices avec l'inspirer à hauteur de 50-50 », remarque Pierre-Olivier Carles. En clair, il faudra que l'application se vende suffisamment bien pour franchir ce seuil de 25 000 $ (qui "correspond aux frais de développement" à rentabiliser, d'après Labotec) pour que l'"insiprer" espère toucher son obole.

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