

Alain Cornil a créé une entreprise innovante sur un créneau porteur : la technologie médicale. Mais le développement de son laser est grande consommatrice de fonds financiers. Voici sa démarche pour convaincre les financiers.
Créateur : Alain Cornil
Entreprise : Heatwave Technology
Effectifs : 2 salariés
Localité : Meyreuil (13)
Activité : dispositifs médicaux
Site internet : www.heatwavetechnology.com
A 20 ans déjà, Alain Cornil songeait à créer son entreprise. Mais c’est quadragénaire qu’il franchit le pas pour valoriser dans l’industrie les travaux d’un ami chercheur. Si tout n’est pas encore gagné et si l’inquiétude le ronge souvent, le jeune PDG s’avoue convaincu d’avoir fait le bon choix. « Mon séjour aux Etats-Unis, dans la Silicon Valley, m’a décomplexé vis-à-vis de la création d’entreprise », confie Alain Cornil.
Cet ancien cadre d’un grand groupe américain spécialisé dans les dispositifs médicaux a fondé, en juin 2006, Heatwave Technology, avec un capital de 40 000 euros. Son créneau : développer un système de laser miniaturisé capable d’accélérer et d’améliorer la cicatrisation des plaies, après une intervention chirurgicale. Pour mener à bien son projet innovant, il a su taper aux bonnes portes des réseaux privés ou institutionnels. Le produit ne sera lancé que dans un an, mais il a convaincu des investisseurs d’accompagner le financement de la phase de R&D.
La clé de la crédibilité de notre société repose sur une équipe aux compétences complémentaires. Cette multidisciplinarité visait à rassurer nos partenaires financiers institutionnels et privés sur le sérieux de notre dossier. Elle a d’ailleurs porté ses fruits. Porteur du projet depuis début 2005, je suis l’actionnaire principal et j’apporte mes connaissances en marketing et gestion. Le deuxième associé, directeur de recherches à l’Inserm et à l’origine de l’innovation, fournit l’expertise scientifique sur les lasers médicaux. Celle-ci est complétée par la vision « pratique » des études cliniques du troisième associé, chirurgien-plasticien. Le dernier partenaire est un consultant spécialisé en industrialisation des process.
Bien sûr. Nous avons monté le business-plan avec l’aide d’un cabinet-conseil qui avait déjà aidé d’autres créations de sociétés dans le même domaine. Outre nos arguments sur la qualité de l’équipe et du business plan, nous avons présenté des études validant très précisément l’ampleur de notre marché.
Préalablement à la création de la société, j’ai déposé un dossier à l’incubateur Impulse, à Marseille. Outre l’attribution d’une avance remboursable de 40 000 euros, il a été un accélérateur du projet en me connectant rapidement à tous les réseaux d’accompagnement à la création dont j’avais besoin. Ainsi, en participant au concours national d’aide à la création d’entreprises innovantes d’Oseo, nous avons obtenu une subvention de 310 000 euros. Le dispositif d’amorçage provençal, instauré par Pays d’Aix Développement et Charbonnages de France, a investi 40 000 euros dans le projet via un prêt d’honneur, et nous a proposé des locaux, dans la pépinière de Meyreuil…
La piste « business angels » nous a paru plus appropriée que le capital-risque institutionnel. L’association marseillaise Provence Business Angels a investi dans notre projet, via une quinzaine de ses membres. D’autres investisseurs sont également entrés dans le capital, ainsi que des connaissances aux Etats-Unis, des amis, de la famille… Dans ce type de démarche, il faut repérer les trois ou quatre personnes susceptibles de bien comprendre la mécanique du projet, son potentiel… Dès que ce noyau dur adhère, il parvient à convaincre les autres, même si le retour sur investissement n’est pas immédiat. Nos partenaires américains ont aussi été séduits par notre ambition de créer une filiale aux Etats-Unis, en 2008. Pour eux, c’était de la valeur ajoutée. La levée de fonds de 500 000 euros permettra de finaliser le produit et de financer les études cliniques, jusqu’à son lancement l’an prochain. A ces appuis privés, s’ajoute une avance remboursable de 700 000 euros d’Oseo Innovation, à hauteur de nos fonds propres.

