
« Lyon, la ville que le monde entier va nous envier. » Ce slogan présidait au lancement, en juillet dernier, du réseau d'ambassadeurs OnlyLyon, dans le nouvel amphithéâtre du centre des congrès. L'objectif de cette soirée était de convaincre un maximum de chefs d'entreprise locaux de « porter les couleurs de Lyon à l'international », à l'image de l'Olympique lyonnais en Ligue des champions de football. Débarrassée de ses anciens complexes d'infériorité, la capitale des Gaules entend montrer sa réussite. Classée pour la troisième année consécutive en tête de notre palmarès des grandes villes les plus attirantes pour les entreprises, elle brandit bien haut son étendard. Avec 900 entreprises à capitaux étrangers et 82 sièges d'entreprise et d'administration de plus de 1 000 salariés, « Lyon présente une densité de centres de décision supérieure à celles de Barcelone ou de Manchester », se félicite-t-on à l'Aderly, même si la ville souffre encore de l'absence de grands sièges sociaux internationaux. L'Aderly (Agence de développement économique de la région lyonnaise) est engagée sous la bannière OnlyLyon avec les autres acteurs économiques et institutionnels (ville et communauté urbaine, département, CCI, chambre de métiers et de l'artisanat, Medef, CGPME, université, aéroport...) pour faire venir les entreprises étrangères. A l'image de l'américain Genzyme, qui a confirmé la construction d'un nouveau site industriel dédié à la thymoglobuline. Il va investir 105 millions d'euros dans le quartier de Gerland pour regrouper son siège lyonnais et son usine, créant une cinquantaine d'emplois d'ici à 2011.
« Les frontières tombent, les différents acteurs lyonnais se parlent de plus en plus, constate avec satisfaction Patrick Martin, président du Medef Rhône-Alpes. Ils ont pris conscience qu'il y a une compétition sérieuse avec d'autres régions européennes ou françaises, comme Paca. » Un accord de partenariat a été signé entre l'Aderly et Erai (Entreprise Rhône-Alpes International), les deux structures qui démarchent les investisseurs internationaux.
Les pôles de compétitivité devraient aussi booster l'économie locale dans les domaines de la virologie, des textiles techniques, de l'industrie chimique et des technologies de l'environnement, des systèmes de transport du futur. Selon l'Apec (Association pour l'emploi des cadres), ces pôles seront à l'origine de plus de 35 000 emplois de cadres en Rhône-Alpes à échéance de cinq ans, soit deux fois plus qu'en Ile-de-France. « On est agréablement surpris par la bonne communication qui s'est instaurée entre les acteurs économiques et institutionnels et l'enseignement et la recherche », convient Patrick Martin.
Pour attirer de nouvelles entreprises, Lyon peut aussi compter sur un parc de 4,3 millions de mètres carrés, équivalant celui de Barcelone, mais à un prix moins élevé. Les loyers de bureaux à Lyon s'affichaient entre 200 et 230 euros le mètre carré en 2006 et 191 euros en 2005, contre 276 euros à Barcelone, 450 euros à Milan ou 650 euros à Paris. De même, les prix d'achat de nouveaux bureaux sur les rives du Rhône et de la Saône étaient trois fois inférieurs à ceux des bureaux des bords de Seine. Lyon compte d'ailleurs profiter de ces coûts immobiliers très compétitifs pour se faire un nom en Europe. Une tour de 115 mètres de haut est en construction à la Part-Dieu. La deuxième phase de conception du nouveau quartier Confluence vient d'être lancée : 420 000 m², dont 45 % de bureaux et de commerces, seront édifiés sur le site du marché de gros. Et, selon une étude d'Ernst & Young, on peut réaliser une économie de près de 900 000 euros par an en choisissant de localiser 100 employés dans 2 000 m² à Lyon plutôt qu'à Paris. Lorsqu'on additionne coûts salariaux et coûts immobiliers, la capitale de Rhône-Alpes reste bon marché en Europe. Face à Lyon, sur une base 100, Milan se situe à 124, Paris à 134 et Munich à 166.
