Budget / financement 

Ouvrir son capital pour financer son projet de création

Pour se financer, il est possible d’ouvrir son capital et de faire entrer des tiers dans la société. Selon la taille des projets, différentes solutions existent.

Valérie Froger | LEntreprise.com | Mis en ligne le 19/08/2008
 
 
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Se faire financer par les autres ! L’idée est tentante. En échange d’une prise de participation au capital d’une entreprise, des investisseurs peuvent apporter des fonds à un projet. Le jour où ils estiment que l’entreprise a suffisamment grandi, ils peuvent revendre leurs parts et faire une plus-value.

Pour le créateur, cette option est intéressante car c’est un excellent moyen de trouver de l’argent frais dès le démarrage de l’entreprise. Mais attention, selon la taille et le profil du projet, les investisseurs sont différents. On ne demande pas le même montant à ses amis et à une société de capital risque.

L’argent des amis

Une vingtaine d’amis qui ont apporté chacun quelques centaines d’euros ! Jérôme Schatzman, créateur de la société Fair Planet (commerce équitable) a récolté plus de 100 000 euros en faisant appel à la générosité de ses proches. « Chacun d’eux détient une part du capital mais je reste majoritaire. C’est important car je garde ainsi le contrôle de la société » explique le jeune entrepreneur.

Un créateur sur quatre fait appel à ses proches (famille, amis, collègues) pour financer son projet de création. Cette pratique, baptisée « love-money », est née au Québec et aux Etats-Unis il y a quarante-cinq ans et a, pour la petite histoire, permis la création de la Silicon Valley.

Depuis quelques années, le gouvernement s’intéresse au dispositif love money. Il encourage d’ailleurs les membres de la famille, ainsi que les particuliers investisseurs, à financer la création d’entreprise de leurs proches. Les personnes qui investissent dans une entreprise peuvent ainsi déduire de leur impôt sur le revenu 25 % des versements effectués dans la limite de 20 000 euros pour un célibataire et de 40 000 euros pour un couple. Cet argument fiscal peut permettre de convaincre plus facilement la famille ou les amis d’investir dans un projet de création.

L’argent des business-men

Outre des membres de la famille ou des amis proches, il est également possible de faire entrer des business angels dans le capital d’une société. Ces particuliers, issus du monde des affaires (dirigeants, anciens chefs d’entreprise à la retraite..) investissent dans des projets d’entreprises à fort potentiel et auxquelles ils croient. En échange d’ une mise de fonds dans le capital de l’entreprise, ils apportent leurs conseils aux créateurs d’entreprise et leur ouvrent également leur carnet d’adresse.

Les business angels n’ont pas de secteur d’investissement privilégié : ils peuvent aussi bien investir dans les nouvelles technologies ou la biotechnologie que dans l’industrie ou dans les services. Ils visent plutôt les projets d’envergure.

En règle générale, ils s’intéressent à un domaine qu’ils connaissent déjà, dans lequel ils ont travaillé, et où leurs compétences et leur expérience seront mises à profit. Ils interviennent à tous les stades de maturité d’une société : du financement de l’idée au financement du développement ou de la reprise d’une entreprise. Cependant la majorité des business angels investit au stade de la création d’entreprise. Ce qui compte, en particulier pour eux, c’est le potentiel de l’entreprise et la personnalité des entrepreneurs qui viennent les solliciter. Il faut garder à l’esprit que c’est leur propre patrimoine qui est en jeu !

D’après l’association France Angels, leur nombre est estimé à 7 000 en France. La courbe évolue positivement puisqu’en 2001, il n’existait qu’une petite dizaine de réseaux de business angels contre une cinquantaine en 2007. En moyenne, un business angels investit 70 000 euros par projet. Quatre motivations guident ses choix : la recherche de plus-values (35 %), la participation à une aventure industrielle (27 %), le soutien à un créateur d’entreprise proche (13 %) et le développement économique local (10 %).

 
 
 
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