

Le statut de chef d'une entreprise individuelle entraîne, lorsque celui-ci est marié, des risques financiers pouvant mettre en danger le patrimoine familial. Des solutions existent pour se protéger.
La liberté a un prix ! En effet, si diriger son entreprise en nom propre permet d'être le seul maître à bord, c'est aussi, en contrepartie, accepter, même à contrecœur, d'engager la totalité de son patrimoine privé en cas de défaillance de son activité.
Face à ce risque, faire la politique de l'autruche peut mettre en péril l'ensemble de la famille et de son patrimoine. Fort heureusement, le législateur prévoit des leviers de protection.
Avant de choisir les leviers de protection les plus avantageux, il est primordial de recenser précisément les intérêts en présence : les vôtres, ceux de votre conjoint et de votre famille.
Attention, ils peuvent se révéler contradictoires. Par exemple, un régime matrimonial peut parfaitement être adapté à la sauvegarde de vos propres intérêts, et se montrer désavantageux pour votre conjoint ou votre famille, et inversement bien entendu. Cela signifie donc qu'il n'y a pas de solution unique, mais plusieurs. Tout dépend de votre situation personnelle.
C'est la raison pour laquelle il est important de consulter votre notaire ou votre avocat, qui connaît bien votre environnement professionnel et privé.
> Bon à savoir : si l'analyse personnalisée de votre situation par un homme de loi est nécessaire pour ne pas se tromper, des règles essentielles s'imposent. Il est bon de les connaître avant d'engager le dialogue avec lui.
- Agissez vite avant qu'il ne soit trop tard !
Plusieurs dispositifs permettent d'alerter le chef d'entreprise des difficultés potentielles que pourrait rencontrer son entreprise. Parmi ces dispositifs, les groupements de prévention agréés ont pour mission de fournir à leurs adhérents, en toute confidentialité, leur analyse de l'ensemble des informations économiques, comptables et financières que ces derniers doivent leur communiquer. Et lorsque le groupement constate des difficultés prévisibles, il prévient le chef d'entreprise. Il peut aussi lui proposer de prendre un expert. Précisons que les centres de gestion agréés ont, eux aussi, depuis 2005, la mission de fournir à leurs adhérents leur analyse en matière de prévention des difficultés économiques et financières.
- Si vous êtes marié sous un régime de séparation de biens, pensez à votre conjoint qui arrête de travailler
Lorsque votre conjoint a abandonné toute activité professionnelle, il est plus juste, pour le protéger, de prévoir que vos revenus seront communs, en alimentant une société d'acquêts. Une clause doit alors figurer dans votre contrat de mariage. Si cette clause est absente, rappelons qu'il est possible de modifier son contrat.
- Si un créancier vous poursuit, vous pouvez demander qu'il saisisse d'abord l'entreprise
Le chef d'entreprise individuelle peut demander à son créancier poursuivant de saisir en priorité les biens servant à l'exploitation de l'entreprise. Seule condition exigé : ces biens doivent être d'une valeur suffisante pour garantir le paiement de la créance. Si le créancier établit que cette demande met en péril le recouvrement de sa créance, il peut s'y opposer. Mais sa responsabilité peut être recherchée si cette opposition est justifiée par une intention de nuire au chef d'entreprise.
La ruine de votre entreprise peut entraîner celle de votre famille.
Cette situation est particulièrement vraie si vous êtes marié sous un régime communautaire et que votre entreprise en fasse partie. Effectivement, les régimes communautaires présentent des risques. D'abord, ils exposent les biens de la communauté aux poursuites des créanciers, ce qui peut être extrêmement dangereux aussi bien pour le chef d'entreprise que pour son conjoint et l'ensemble de sa famille.
Cela signifie donc que, vous aussi, en tant que chef d'une entreprise individuelle, vous pouvez être poursuivi, pour le paiement de vos dettes professionnelles, non seulement sur vos biens propres mais également sur tous ceux dépendant de votre communauté. Ensuite, mieux vaut savoir que, pour donner votre entreprise en garantie d'un emprunt, la signature de votre conjoint est obligatoire. Et ce n'est pas simple en cas de crise conjugale !
> Bon à savoir :l'inconvénient majeur des régimes communautaires se révèle au moment du divorce. L'entreprise devra être partagée avec le conjoint à moins de lui racheter sa part. Sinon, c'est l'indivision, avec tous les désagréments de cette situation.
Dans la majorité des cas, le régime de la séparation de biens est le meilleur protecteur du patrimoine familial, dans la mesure où le chef d'entreprise n'engage, en principe, que ses biens. En réalité, cet avantage n'est pas aussi absolu qu'il y paraît. Tout d'abord, seule la séparation de biens pure et simple en bénéficie. En effet, dans une séparation de biens avec constitution d'une société d'acquêts (en régime de séparation, certains biens - l'entreprise - peuvent être mis en commun), on retrouve le même inconvénient que dans un régime communautaire.


Bonjour, j'ai lu avec attention votre article. Après avoir été gérante de SARL (TNS)- société liquidée en mars 2008, puis salariée pendant 7 mois, et au chômage depuis début décembre 2008, je viens de me mettre consultante avec le statut d'auto-entrepreneur. Je n'ai pas de résidence principale mais un bien immobilier loué en Robien, et des placements (PEP, ASS-vie..). Quels sont mes risques, ceux pour mon enfant et mon concubin ? Dois-je faire une déclaration notariée d'incessabilité (Je suis divorcée, avec un enfant de 17 ans, mais vis actuellement en union libre). Nous parlons de pacs avec mon conjoint, y a t'il un risque pour lui, pour nous ? Vos conseils me seraient très utiles - tél 0619907865. Cordialement, E. SOUCHARD
