
Le taux moyen de frais de gestion se situe autour de 10 % mais la fourchette de prix est large : de 3 % à 15 %. Voici les principaux paramètres qui font varier ce pourcentage.
Plus le chiffre d’affaires du salarié porté (terme pour désigner la personne qui recourt au portage) est élevé, plus le taux de frais de gestion baisse. D’où des pratiques parfois pernicieuses où l’on annonce des taux très alléchants au départ mais en fait difficilement atteignables. En effet, il faut un chiffre d’affaires annuel important (en général, plus de 100 000 euros) pour parvenir à décrocher un taux de l’ordre de 3 à 5 %. Par exemple, une société de portage de Paris pratique les taux de frais de gestion suivants : 10 % jusqu’à 90 000 euros de chiffre d’affaires, 8 % de 90 000 à 120 000 euros, 5 % de 120 000 à 150 000 euros et 3 % à partir de 150 000 euros. Il est donc préférable, voire indispensable de réaliser une estimation de son chiffre d’affaires prévisionnel (selon son étude de marché, l’étendue de son réseau de clients potentiels…) pour dénicher la société de portage qui propose le taux le plus attractif pour ce chiffre d’affaires. Un bon plan peut être de recourir aux sociétés de portage (peu nombreuses) qui calculent ce taux sur le chiffre d’affaires cumulé depuis la première facturation. Autrement dit, si vous atteignez un chiffre d’affaires cumulé de 150 000 euros après plusieurs années d’exercice, vous pourrez bénéficier du taux intéressant (de 3 à 8 % environ) et une fois atteint, le taux ne sera plus revu à la hausse. Une sorte de geste commercial pour récompenser les portés fidèles !
Passer des factures très régulièrement permet d’obtenir un taux de frais de gestion plus avantageux. D’une part, car des missions régulières font augmenter votre chiffre d’affaires (et comme vu précédemment, un chiffre d’affaires élevé fait baisser le taux de frais de gestion). D’autre part, car un carnet de commande prévu à long terme rassure la société de portage qui consentira donc plus facilement à abaisser le taux de frais de gestion. Mais inutile de bluffer au moment de signer la convention de portage. En général, les sociétés de portage qui incluent ce paramètre dans l’établissement du taux de la commission se basent sur des propositions écrites (devis acceptés par des clients…).
Certaines sociétés de portage ne prennent les portés qu’à partir d’un minimum de facturation qui peut varier de 200 à 1 000 euros. D’autres acceptent les petites facturations mais le répercutent sur le taux de frais de gestion. Autrement dit, vous aurez des difficultés à obtenir un taux inférieur à 10 % si votre mission facturée au client ne dépasse pas 200 euros. Dans ce cas précis, la société de portage touchera 20 euros : un minimum pour réaliser tout le travail administratif nécessaire à cette mission (contrat, facturation au client…).
Le taux de frais de gestion peut augmenter si par exemple le porté choisit de répondre à des commandes de marchés publics. Les tâches administratives étant plus lourdes pour la société de portage, celle-ci répercute cette charge de travail supplémentaire sur le taux de la commission. Par exemple, une société de portage de Seine-et-Marne augmente le taux de frais de gestion selon le temps passé à réaliser le dossier administratif mais cette hausse n’excède généralement pas 0,5 % ou 1 % du chiffre d’affaires. Si vous prévoyez de répondre à des marchés publics, renseignez-vous au préalable pour savoir si la société de portage admet cette pratique et si des frais supplémentaires vous seront demandés.
Il existe deux modes de fonctionnement pour le paiement du salarié porté. Soit un salaire mensuel selon le minimum de la convention collective et une régularisation du solde au moment du recouvrement des factures. Soit uniquement sur recouvrement des factures. Cette dernière pratique permet d’obtenir des frais de gestion plus avantageux mais elle est considérée comme illégale par certains. « Il est très important qu’un montant minimum soit versé chaque mois au porté. Cette somme doit au moins correspondre au minimum de la convention collective à laquelle la société de portage est rattachée pour le nombre d’heures travaillées. Ensuite, le solde est réglé dès le recouvrement des factures », insiste Jacques Vau, fondateur de la société de portage ITG. Cela paraît légitime mais c’est loin d’être toujours le cas. Bon nombre de sociétés de portage affichant des tarifs bas n’appliquent pas ce minimum.
Par ailleurs, il existe une option de « préfinancement », appelée aussi « factoring » ou « avance de trésorerie ». Le porté est alors payé dès l’émission de la facture auprès du client. Cette option peut être incluse dans les frais de gestion ou coûter aux alentours de 3 % du chiffre d’affaires. Mais attention, si le client ne paie pas au final, le « trop perçu » sera déduit du prochain salaire, sauf si la société de portage a contracté une assurance contre les impayés.

