
Quelles sont les villes et les plus accueillantes pour les créateurs d'entreprise et les entrepreneurs ? L'Entreprise et Coface Services dressent leur palmarès annuel des agglomérations les plus dynamiques.
Avec le dispositif « Lyon Ville de l'entrepreneuriat », la métropole rhônalpine met les entreprises au coeur de ses priorités. Une politique volontariste qui s'appuie sur un développement local très dynamique. Conséquence, pour la deuxième année consécutive, Lyon remporte notre classement des grandes agglomérations jugées les plus attractives. Premier atout, elle concentre le plus grand nombre d'entreprises situées sur son territoire, avec une densité record de 18,8 pour 1 000 habitants. Mais aussi le niveau de richesse de sa population, avec un PIB de 52 milliards d'euros en 2005, équivalent à celui du Danemark, et un revenu moyen (26 565 euros) supérieur à la moyenne des grandes cités hexagonales (25 617 euros).
Ce dynamisme lyonnais s'illustre parfaitement dans la santé florissante du marché immobilier, qui a connu en 2005 des records d'investissement à 615 millions d'euros, en hausse de 39 % sur un an. A elle seule, la métropole lyonnaise concentre ainsi un niveau d'investissements équivalent à celui de Marseille, Lille, Nantes et Bordeaux réunis, et s'impose comme le deuxième marché français d'immobilier d'entreprise derrière l'Ile-de-France.
L'attractivité de l'ancienne capitale des Gaules est soutenue par des loyers stables qui garantissent un bon niveau de rendement, avec un prix du mètre carré de bureau - 185 euros en moyenne - qui reste bon marché à l'échelle européenne. A 50 euros, le loyer annuel d'un mètre carré en zone industrielle demeure lui aussi très abordable et l'un des plus séduisants des grandes villes françaises.
Cette fièvre immobilière ne devrait pas retomber dans les prochains mois avec des programmes ambitieux comme la construction, d'ici à fin 2008, d'une seconde tour de 28 étages à la Part-Dieu et la première tranche de la ZAC Confluence, pour laquelle 1 milliard d'euros sera investi au total au confluent du Rhône et de la Saône en quinze ans. D'autres zones d'activités sont également en cours d'aménagement, en particulier dans l'Est lyonnais, dans le périmètre dit du Carré de soie (500 ha, à cheval sur les communes de Vaulx-en-Velin et de Villeurbanne).
Un foisonnement de projets innovants
La vigueur économique de Lyon est également illustrée par la montée en puissance des pôles de compétitivité. Le parc biomédical Bioparc, l'un des points d'ancrage de Lyon Biopôle, va ainsi s'enrichir en 2007 de 7 300 m2 de laboratoires et de bureaux. Avec pour premier occupant le Cancéropôle Rhône-Alpes. A terme, 40 000 m2 de locaux de R&D et de plates-formes technologiques seront construits au coeur du pôle santé Rockefeller, deuxième concentration hospitalo-universitaire d'Europe.
Les autres pôles de compétitivité - Axelera dans la chimie et l'environnement, Lyon Urban Trucks & Bus, Techtera (textiles techniques) et Lyon Game (loisirs numériques) - sont aussi en plein essor.
Axelera a déjà élaboré six projets de R&D d'un montant global de 70 millions d'euros, financés à 70 % par des entreprises, dans les domaines des nouveaux matériaux et revêtements, de la dépollution des sols, du traitement de l'eau. Trois de ces projets sont pilotés par une jeune entreprise, Processium, incubée et hébergée dans les locaux de l'université Lyon 1.
Ce parcours est exemplaire du soutien lyonnais aux entreprises innovantes. Le maire de la ville, Gérard Collomb, a d'ailleurs fait de ce soutien l'un des axes prioritaires de sa politique de développement économique. Ce qui a pour conséquence une progression (+ 12 % en deux ans) de la création et de la reprise d'entreprise, et contribue au renouvellement du tissu local de PME, dont la rentabilité moyenne (2,3 %) reste en retrait des autres métropoles françaises. La création d'entreprise reste néanmoins encore faible à Lyon, avec un taux de 42,6 %, inférieur à celui de ses rivales (Nantes, Toulouse, Marseille et Bordeaux, seule Lille arrivant en queue de peloton).
Cette moindre performance est cependant compensée par un taux de défaillance (5,4 ä) parmi les plus faibles de France, résultant en partie d'un accompagnement personnalisé : 20 % des créateurs d'entreprise lyonnais déclarent ainsi avoir bénéficié des conseils suivis d'un expert ou d'un organisme de « Lyon Ville de l'entrepreneuriat ». Ce dispositif unique en France mobilise 22 partenaires (chambres consulaires, syndicats patronaux, collectivités...) au service des porteurs de projet.
Des efforts sont aussi faits pour élargir ce vivier entrepreneurial. Une première maison de la création d'entreprise a été ouverte en janvier à la Duchère, et des stages gratuits de formation à la création d'entreprise à l'université Lyon 2 sont organisés pour les jeunes de quartiers en difficulté.
