
C'est confirmé : le salaire minimum passe à 8,44 euros à partir du 1er juillet 2007. Une hausse de 2,1 % seulement. C'est confirmé : le salaire minimum passe à 8,44 euros à partir du 1er juillet 2007. Une hausse de 2,1 % seulement. Les premières réactions des partenaires sociaux.
A partir du 1er juillet 2007, le nouveau Smic horaire brut sera 8,44 euros, au lieu de 8,27 euros depuis le 1er juillet 2006.
Le Smic mensuel passerait donc, selon nos calculs qui restent à confirmer par les chiffres officiels, de 1 254,28 euros à 1 280,09 euros pour 35 heures. Une augmentation sans "coup de pouce" du salaire minimum limitée à 2,1 % seulement, dans le but de garantir le pouvoir d'achat des salariés payés au Smic (17% des salariés, soit 2,5 millions de personnes), en tenant compte de l'inflation (1,2% depuis un an).
Les premières réactions des partenaires sociaux :
> Jean-François Veysset, vice-président de la CGPME chargé des affaires sociales.
"Après les 37% de hausse enregistré par le SMIC en neuf ans, c'est dire 21 points de croissance par rapport à l'inflation, nous étions pour marquer une pause. Avec l'annonce du gouvernement, "travailler plus pour gagner plus", qui va être favorable aux salariés, il fallait un contrepoids pour les employeurs. En France, le coût du travail n'a cessé d'augmenter plus vite que chez nos voisins, et nos entreprises perdent en compétitivité. La priorité est de permettre aux entreprises de rester compétitives et de leur laisser la liberté de redistribuer leurs richesses quand elles le peuvent. Nos entreprises ne doivent plus être entravées, ni être obligées de refuser des commandes. Le coup de pouce au SMIC était un frein. Nous souhaitons maintenant prendre date pour la mise en place d'une cellule spécifique qui pourrait permettre aux entreprises de planifier les hausses sur au moins trois ans."
> Amaury Eloi, membre du comité directeur de Croissance Plus, commission sociale :
"Sur ces trois dernières années le SMIC a augmenté de plus de 10%. Or il ne concerne que 17% de la population. Pour nous, ce n'est pas tant de l'augmentation du SMIC qu'il faut parler mais d'une solution pour que le pouvoir d'achat soit plus élevé pour tout le monde tout en réduisant les charges qui pèsent sur les salaires et qui poussent à la délocalisation. Avec le poids des charges, recruter est pour beaucoup de petites entrepises, une lourde décision de gestion. Il y a des patrons de petites entreprises qui ne parviennent pas à se verser un SMIC une fois les salaires et les charges payés! Je pense que ce n'est pas à l'Etat de décider de la revalorisation des salaires, ni d'un éventuel coup de pouce donner à certains. Les partenaires sociaux devraient pouvoir se mettre d'accord sur l'augmentation de tous les salaires en fonction de la réalité économique".
> Alain Lecanu, secrétaire national à l'emploi et à la formation de la CFE-CGC :
"Ce que nous déplorons, c'est qu'il n'y ait pas de réelle réflexion sur les effets de l'augmentation du SMIC, notamment sur l'écrasement de la grille des salaires. Beaucoup de cadres sont aujourd'hui rémunérés sous le plafond de la sécurité sociale (1768 euros en moyenne, au lieu de 2700 euros). Nous attendons beaucoup de la conférence sur le pouvoir d'achat que le président de la République a prévue pour la Rentrée. Qu'il n'y ait pas eu de coup de pouce ne peut pas être considéré comme une bonne nouvelle, car le pouvoir d'achat du SMIC n'est pas élevé, mais il faudrait un coup de pouce pour tous les salaires".
> Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT :
"Je pense que les seules personnes à se réjouir des annonces faites ce matin sont les organisations d'employeurs. Nous avons fait remarquer qu'en échange de l'absence de coup de pouce donné au SMIC, le président de la République s'était engagé à donner un coup de pouce aux autres salaires. Or il n'y aura ni l'un ni l'autre. La seule annonce a été pour le patronat qui va bénéficier d'un allégement de ses cotisations. Ces quelques centimes d'augmentation c'est minable. Les salaires sont la première cause de conflit dans les entreprises et nous allons rester mobilisés. Nous souhaitons que les autres syndicats se mobilisent également".
> Denis Gautier-Sauvagnac, vice président du MEDEF :
"Nous considérons que cette hausse de 2,1 % est une hausse qui fait suite à plus de 17 % de hausse en trois ans, et qu'elle ne devrait pas trop peser sur l'emploi tout en maintenant le pouvoir d'achat des salariés au smic, et même en l'accroissant.
Je rappellerai que le smic est à la fois un revenu, qui n'est jamais suffisant, et un coût, qui est souvent excessif - or la France est championne d'Europe du chômage pour les salariés les moins qualifiés. Nous avons donc pris acte de cette décision. Nous aurons par la suite de nouveaux débats sur la réforme du smic, ce qui n'était pas l'objet de la réunion d'aujourd'hui"

