

En dépit des exonérations de charges, rémunérer un salarié au salaire minimum peut coûter 30 % plus cher que le montant du Smic.
C’est un vrai casse-tête pour s’y retrouver ! Entre les abattements, les réductions et exonérations légales, il faut être un fort en maths pour calculer le coût d’un salarié au Smic ! Pour doper l’emploi, les gouvernements successifs ont multiplié les incitations financières. Concourrant à former « des trappes à bas salaires », des seuils que les entreprises n’ont pas intérêt à dépasser au risque de devoir payer des charges supplémentaires.
Mais la générosité de l’Etat a ses limites. Impossible de cumuler deux abattements et deux allégements pour éviter d’avoir des cotisations négatives et qui grignoteraient d’autant plus le budget de la sécurité sociale.
Ces « cadeaux » varient également selon la taille de l’entreprise, le secteur d’activités, l’implantation géographique… Contribuant à complexifier le système. Souvent oubliés, les frais liés à l’établissement de la fiche de paie et à la gestion administrative -environ 40 à 50 euros par mois- contribuent aussi à faire grimper la courbe du Smic. Au final, employer un salarié au Smic peut coûter 30 % plus cher que les 1321,02 euros bruts affichés au départ.
Nouveauté 2009, l’évolution du salaire minimum sera désormais encadrée par une commission paritaire en début d’année. Fini les coups de pouce estivaux. Cet été, au grand dam des syndicats, il n’y en a d’ailleurs pas eu. Il faut dire que depuis plusieurs années, le Smic s’est envolé. « A l’époque des 35 heures, il existait cinq Smic, rappelle Gilles Bonnet, expert-comptable dans l’Isère. Aujourd’hui, il n’y en a plus qu’un. Mais, il a été aligné sur le plus haut niveau. Il finit donc par devenir élevé pour les TPE, alors qu’il n’est pas très motivant pour les salariés. »
| Effectif de l’entreprise | Exonérations et/ou réductions | Secteur d’activité | Cotisations patronales (en euros, par mois) | Coût du Smic avec charges (en euros, par mois) |
|---|---|---|---|---|
| < 10 salariés | Avec exonérations ZRR (1), sans réduction Fillon (2) | Tous secteurs | 169 | 1 490 |
| > 10 salariés | Sans exonérations ZRR, avec réduction Fillon | Tous secteurs | 169 | 1 490 |
| < 10 salariés | Avec exonération ZRR, sans réduction Fillon | BTP (3) | 151 | 1 431 |
| 10 à 20 salariés | Sans exonération, avec réduction Fillon | Tous secteurs | 183 | 1 504 |
| > 20 salariés | Sans exonération, avec réduction Fillon | Tous secteurs | 223 | 1 543 |
NB : ces calculs ont été effectués par le cabinet Bonnet, à titre indicatif. Ils n’ont aucune valeur légale.
(1) ZRR : Zone de Revitalisation Rurale
(2) Réduction Fillon : réduction de cotisations patronales créée en 2003 par François Fillon, ministre des Affaires sociales, et remplaçant le dispositif de réduction des charges sociales sur les bas salaires et les allégements de la loi Aubry 2 institués pour faciliter le passage aux 35 heures.
(3) Avec l’abattement de 10 % pour frais professionnels, à condition que la base des cotisations ne soit pas inférieure au Smic


Vous avez bien sûr fait appel à un EXPERT pour calculer le coût réel du smic. C'est bien, cependant....le calcul est faux ! et de la part d'un expert-comptable, oser apporter une réponse précise à cette question relève de la malhonnêteté. En effet, ce n'est qu'une fois le contrat de travail arrivé à terme que l'on peut connaître le coût réel d'un salaire, et même longtemps après cette échéance (5 ans), quand le risque de recours prud'hommal est terminé.... Mais il est vrai que si une telle information était plus largement diffusée, beaucoup de petits employeurs s'abstiendraient, ce qui n'est pas bon pour l'emploi salarié. Alors continuons dans le mensonge...
Il serait tout à fait possible d'augmenter le SMIC sans pénaliser les employeurs en simplifiant le système Supprimons les charges salariales et patronnales ainsi que les differentes exonérations de charges. Limitons le SMIC dans le temps Remplaçons les charges sur les salaires par un taux d'imposition plus ou moins important suivant les revenus de chacun Le SMIC représentant en moyenne 1500 euro que doit assurer un employeur pour un salarié, prélevons à la source un impôt à 20% SOIT 300 EURO pour le TRESOR PUBLIC, prélevons une cotisation généralisée de 3% pour assurer un complément de revenu au SDV (salaire de vie) en cas de chômage afin de ne pas perdre de revenu , et vous obtenez un SMIC net de 1164 euro, ce qui représente une augmentation du pouvoir d'achat du salaié sans pour autant pénaliser davantage l'employeur Le SMIC devra être limité dans le temps 3,4 ou 5 ans (à définir) afin de reconnaître la qualifiquation du SMICARD dans son emploi qui devra percevoir un salaire plus important et donc un impôt passant de 20 à 30% Appliqué à tous les salaires, ce serait le début de la relance
En réponse à la réaction de Didier: Je suis tout à fait d'accord, mais il faut peut-être avoir fait l'ENA pour ne pas le comprendre....
à vouloir trop protéger les gens on finit par ne plus les protéger du tout ! Chaque mesure qui alourdit un peu plus les salaires (administrativement et financièrement) crée un peu plus de chômage directement et indirectement… Directement par la mise en difficulté de certaines structures les plus fragiles et indirectement le fait que les services ou produits devenus trop chers ne se vendent plus, voir attirent la concurrence étrangère en générant importation ou délocalisation. Pas besoin d'avoir fait l'ENA pour comprendre ça !
