Vie dans l'entreprise 

DIF : 41 % des employeurs hors la loi !

Oubliant leur obligation d'informer les salariés sur leur droit individuel à la formation, quatre chefs d'entreprise sur dix sont dans l'illégalité, selon une étude d'Agefos PME. Malgré ce manque de communication, le DIF fait son nid.

Florence Brunel | LEntreprise.com | Mis en ligne le 30/10/2007
 
 
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Constat alarmant, 41 % des entreprises avouent « ne pas tenir ou ne pas avoir l’intention de tenir leurs salariés informés sur le DIF ». Ce droit individuel à la formation (DIF) a été instauré en mai 2004. Il permet aux salariés de cumuler un crédit de vingt heures de formation par an, capitalisable sur six ans. Et, détail très important, les employeurs ont l’obligation d’informer leurs salariés sur les modalités du DIF.

Cette négligence et ce manque de communication laissent bon nombre de salariés dans le flou : 37 % d’entre eux ne savent comment s’effectue le choix des formations au titre du DIF dans leur entreprise. Tels sont les résultats d’une étude d’Agefos PME, organisme gestionnaire des fonds de la formation professionnelle, réalisée en octobre 2007.

Phénomène assez étonnant dans un tel contexte, les salariés ont davantage entendu parler du DIF que les chefs d’entreprise : 67 % des salariés contre 62 % des employeurs. Cette connaissance du dispositif varie toutefois selon la taille de l’entreprise. C’est dans les TPE que le DIF est le plus méconnu. En effet, sa notoriété auprès des employeurs est de 87 % dans les entreprises de plus de dix salariés et atteint près de 100 % dans celles de plus de 50 salariés. Parallèlement, de fortes disparités existent en ce qui concerne les salariés selon leur catégorie socioprofessionnelle : 80 % des cadres ont déjà entendu parler du DIF contre seulement 65 % des ouvriers.

Moins d’une entreprise sur cinq a reçu des demandes de DIF

Même informés, les salariés ne demandent pas majoritairement à bénéficier de leur DIF. Seules 18 % des entreprises interrogées ont reçu de leurs salariés des demandes de formation au titre du DIF. Une proportion en nette progression toutefois : en 2005, quelques mois après la création du DIF, la demande ne dépassait pas 8 % des entreprises ! Ce qui fait dire à Gérard Lenoir, vice-président d’Agefos PME que « le DIF a du succès, contrairement aux rumeurs. Comme tout changement social, il lui faut quelques années pour démarrer ».

40 % des salariés ont déjà utilisé leur crédit d’heures de DIF ou envisagent de le faire. Un chiffre qui a des chances de grimper dans la mesure où plusieurs freins mis en avant par ceux qui n’envisagent pas de demander un DIF sont faciles à réduire. Parmi leurs réticences, figurent la méconnaissance du dispositif (motif avancé par 29 % des salariés), le fait de ne pas encore y avoir réfléchi (38 %) ou encore le souhait de cumuler davantage d’heures pour suivre une formation plus approfondie (14 %). D’autres obstacles seront plus difficiles à gommer : le manque de temps pour suivre une formation ( pour 17 % des salariés), l’absence de besoin réel de formation (15 %) ou la peur d’un refus de la hiérarchie (11 %).

Par ailleurs, l’étude fait apparaître un point de désaccord entre les employeurs et les salariés quand au moment de la formation. 71 % des entreprises préfèrent que le DIF se déroule hors temps de travail pour ne pas perdre la productivité du salarié pendant les heures où il se forme. Alors que 55 % des salariés préfèrent suivre cette formation sur leur temps de travail.

 
 
 
VOS REACTIONS
03/07/2009 08:43:47 - Patrice Ras

Article très intéressante, mais enquête superficielle : la réalité est beaucoup plus scandaleuse : les employeurs forcent les salariés à utiliser leur DIF pour ... des formations prévues dans le plan de formation (choisies par l'employeur). Un formateur écoeuré

27/12/2007 01:17:41 - Mme BARRIERE

je complète ma demande précédente. Le DIF permet t-il de s'orienter vers un horizon professionnel qui ne soit pas en adéquation avec le secteur d'activité dans lequel on travaille ? Et, l'employeur peut-il refuser ?

27/12/2007 01:13:29 - Mme BARRIERE

Employée par une association d'aide aux personnes puis-je néanmoins bénéficier du DIF et sous quelles conditions ? Mon statut est très particulier. Je suis un salarié "sous traité" par un ministère. En fait je travaille dans un ministère j'assiste une personne handicapée (aveugle) j'effectue son secrétariat et l'accompagne lors de ses déplacements : pause déjeuner, formation etc... Merci pour votre réponse

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