> Accueil > Gérer une entreprise > Management > Leadership

Leadership 

Consultant : reconnaître un bon coach d'un charlatan

Vous songez à vous faire coacher ? Voici la marche à suivre pour sélectionner un vrai pro, dans un univers où le meilleur côtoie le pire.

Nathalie Mourlot | LEntreprise.com | Mis en ligne le 08/10/2007
 
 
  • Diminuer la taille du texte
  • Augmenter la taille du texte
  • Imprimer cet article
  • Envoyer cet article à un ami
  • Réagir à cet article
 
 
 

Gérer une situation de crise ; améliorer vos performances dans vos fonctions actuelles ; vous préparer à prendre de nouvelles responsabilités ; développer votre leadership ou votre intelligence politique... autant de défis qu'un coach peut vous aider à relever. Mais attention ! Contrairement à la profession d'expert-comptable ou d'avocat, celle de coach n'est pas réglementée. Sous l'appellation de coach, on trouve de vrais professionnels, mais aussi une foule d'incompétents, de nuisibles, et même d'escrocs.

C'est d'autant plus gênant que le recours à un coach constitue un réel investissement : le prix « tout compris » d'une mission varie entre 5 000 et 30 000 euros (sachant qu'un tarif low-cost reflète souvent une prestation bas de gamme...). Comment distinguer le bon grain de l'ivraie ? Pour le savoir, nous avons interrogé l'une des meilleures spécialistes du coaching en Occident : Elena Fourès.

Les critères d'une experte

Née à Moscou, neurolinguiste, docteur ès sciences de l'université de la Sorbonne, Elena Fourès a fondé, en 1995, le cabinet Idem Per Idem, spécialisé dans l'accompagnement de dirigeants. Basée en France, elle coache, en cinq langues (!), des managers de groupes industriels et de services répartis dans toute l'Union européenne, en Suisse et en Russie. Elle nous livre ses critères de reconnaissance d'un boncoach. Un professionnel digne de ce nom réunit toutes les caractéristiques indiquées. Cherchez jusqu'à ce que vous le trouviez !

« Le vrai coach a une formation et une expérience ad hoc »

Quand vous recevez un candidat à une mission de coaching, analysez son CV. Le niveau général de formation du coach doit être comparable à celui de la personne à coacher. Quelqu'un qui a arrêté ses études au niveau de la licence ne peut pas aider à grandir professionnellement un manager diplômé d'une grande école. Autre point capital à vérifier : votre interlocuteur a-t-il suivi une formation spécifique au coaching ? Celle-ci enseigne la méthodologie, la déontologie, la démarche et les types de coaching. Elle s'effectue habituellement auprès d'un coach reconnu ; depuis quelques années, certaines grandes écoles dispensent aussi cet enseignement. Dans tous les cas, la formation au coaching doit être complétée par une pratique du métier d'au moins trois ans.

« Sa boîte à outils comporte au moins trois instruments »

Un coach professionnel maîtrise au moins trois outils. Parmi les outils efficaces, on peut citer la sémantique générale, la neurolinguistique, la démarche systémique, l'approche eriksonienne, les techniques de créativité, de visualisation... Votre interlocuteur doit vous décrire ses outils, ainsi que le degré de leur maîtrise par les diplômes qui les sanctionnent. En revanche, la psychanalyse n'a rien à faire dans la boîte à outils du coach : ses fondements et ses modes d'action sont totalement inadaptés à des objectifs d'évolution professionnelle. Et gare au coach qui cite l'« écoute » comme l'un de ses outils : payer 5 000 euros quelqu'un qui va s'asseoir à vos côtés et compatir à vos problèmes, c'est jeter de l'argent par la fenêtre. Mieux vaut parler à votre conjoint, à un ami ou au barman du coin !

« Il aborde sa mission avec méthode »

Comme tout consultant, un coach doit produire des résultats, et pour ce faire adopter une approche méthodologique. A partir de l'objectif que vous lui décrivez au cours de votre première rencontre, il doit successivement : faire un état des lieux ; clarifier vos attentes réelles, qui peuvent différer de celles que vous aviez exprimées initialement ; se prononcer sur la faisabilité du projet ainsi redéfini. Après s'être assuré de cette faisabilité, il doit vous dire quels moyens il emploiera, combien de temps cela prendra, ce qu'il vous en coûtera, etc. Sachez qu'une mission de coaching est toujours de courte durée : de quelques semaines à six mois. Si votre interlocuteur vous dit avoir besoin d'un ou deux ans pour obtenir des résultats, éconduisez-le !

« Il affiche sa déontologie »

Au fil des séances, le coach sera amené à avoir connaissance de données confidentielles sur la personne qu'il accompagne et sur son entreprise. Avant de travailler avec un coach, vous devez donc vous assurer qu'il respecte une stricte déontologie. Le contrat de coaching doit spécifier que tout le contenu des séances demeurera confidentiel : le coach s'engage à ne communiquer sous aucun prétexte à une tierce personne une information ou un document lié à sa mission. Le contrat doit également stipuler que le coach ne pourra citer ni l'entreprise cliente, ni la personne coachée dans ses démarches commerciales sans autorisation écrite de celles-ci. Il suffit de consulter les sites internet des coachs pour voir à quel point ce principe est bafoué...

 
 
VOS REACTIONS
10/04/2008 19:59:34 - elisabeth

Est-il besoin de préciser que les caractéristiques d’un bon coach évoquées par Eléna Fouras sont le cadre éthique et professionnel de l’exercice de ce métier ? Un bon coach ne doit-il pas prendre le recul qui permette une bonne compréhension de ce cadre général en le replaçant simplement dans le contexte de l’interview - qui nous le savons peut parfois être réducteur de la pensée de l’interviewée ? Si la forme du propos est parfois un peu abrupte, le sens général est clair et efficace. Je me permets de livrer ma propre lecture de certains points de crispation (ceci avec l’humilité qui convient). L’écoute n’est pas présentée comme absente de la démarche de coaching, simplement, elle n’est pas un outil, elle doit être au service de l’action et orientée résultat. La connaissance de l’entreprise est donnée comme fondamentale. Le coach devant amené le coaché vers un objectif donné, il est indispensable qu’il comprenne, par son expérience dans différents types d’organisation, l’environnement, la culture et l’organisation du travail de son client et/ou du coaché car il doit proposer un plan d’action clair. Si le coaching peut être considéré comme un acte de management dispensé par un prestataire extérieur à l’entreprise, et si il est évident qu’un coach n’est pas un thérapeute, aussi, le coaché et/ou le client qui ont un objectif à atteindre relevant du cadre professionnel en entreprise ne doivent pas se tromper d’interlocuteur. L’équivalence du niveau de diplôme : je lis cela comme un exemple pour exprimer que l’efficacité de l’échange et la parité dans cet échange passent par un langage commun à un niveau commun.

06/02/2008 15:06:16 - VINCENT

Bonjour, En lisant les propos de Me Fourès je m'inquiète ! : si l'écoute active perd sa place fondamentale dans le coaching, alors que reste-t-il?? des coachs qui se forment à une multitude d'outils sans avoir toujours pris le temps de s'assurer de leur propre verticalité, brandissant leurs expériences d'entreprise (plus ou moins réussies). J'aime continuer à croire que c'est l'être aimant qui sait accueillir et accompagner l'autre sur le chemin de son développement.

12/01/2008 17:44:02 - Duhart

Je souhaite saluer le commentaire de Damien Ponçon ! Pour avoir diriger longtemps une équipe de 10 à 20 personnes dans une petite entreprise menacée, j'ai effectué un travail personnel et suis devenu enseignant. N'est-ce pas une école de communication réputée qui a affirmé : on entend avec la phase... mais on réagit avec la base !? Et pour m'être pris une claque sur la joue de ma femme récemment, je témoigne !

08/01/2008 15:31:13 - Laurent DELAS

Bonjour, je suis actuellement étudiant en première année de Master Communication des organisations parcours Audit et Conseil. Mon objectif : devenir consultant (au sens de coach). Ainsi, je travaille actuellement sur un projet de recherche qui me tient à coeur : "Coaching : les imposteurs technico-commerciaux portent-ils tort aux consultants ?". Cet article et vos commentaires m'interpellent fortement, il faut en effet recadrer cette profession mais l'efficacité ne se mesure pas en terme de diplômes...il n'y à qu'à voir ce qu'est l'éducation française :( Et pour répondre à Madame Fourès, pour avoir trois ans d'expérience il faut bien débuter...

05/12/2007 10:48:00 - Véronique VISEUX MOITRON

je viens de lire votre article et je dois dire que je suis sidérée qu'une personne puisse tenir de tels propos dangeureux se permettant d'une façon arbitraire et réductrice de dire "qui est un bon coach et qui ne l'est pas"-Avant de porter un jugement de valeur sur la profession faudrait-il déjà avoir une bonne connaissance des pratiques utilisées avant de "prêcher pour sa propre paroisse" et l'intérêt du coaché dans tout çà !!!!son besoin ses désirs car il s'agit bien de "lui" en tant que "personne" et non comme un produit à formater.. Je pense effectivement qu'il est urgent de cadrer l'acte du coaching avec une déontologie commune avec une "éthique personnelle et professionnelle" avec humilité et respect....

29/10/2007 14:50:19 - LE GALL GUY

Que la profession de coach soit clarifiée, quoi de plus normal.L'article la précise bien sur certains points incontournables. Néanmoins, sans faire de procès à Mme Foures, pourquoi définir avec quelques certitudes le profil d'un bon coach? Sa propre capacité semble-til à coacher en 5 langues dans autant de pays et de contextes socio-économiques et culturesl différents la légitimise t-elle ? Quel talent et prise de recul! Un low-cost induit une mauvaise prestation? Un coût important induit-il une prestation de qualité?Le coaching ne s'adresse t-il qu'au gros budget? Un niveau de formation équivalent à celui du coaché est nécessaire? Une longue expérience pluri-culturelle réussie en entreprise ne vaut-il pas un diplôme de polytechnicien? Quelle est sa définition de l'écoute? La vraie écoute ne nécessite t'elle pas de la disponibilité, de la patience et du don de soi? Mes amis et mon barman que j'aime beaucoup ne répondent pas à toutes mes questions, surtout quand elles concernent le milieu de l'Entreprise.

28/10/2007 09:27:03 - Damien Ponçon

Après 20 ans d'entreprise, j'exerce maintenant en tant que coach depuis 7 ans. Mon présupposé de coaching est aux antipodes de l'orthodoxie de la profession. Voilà ce présupposé: - la capacité d'action d'un cadre, d'une équipe aussi, est inversement proportionnelle à ses blocages émotionnels. Il est illusoire de vouloir diffuser au sein des entreprises une culture de l'action sans aider dirigeants, cadres et leurs équipes à prendre conscience de leurs mécanismes mentaux inconscients. Je suis d'accord qu'il faut avoir le souci de l'opérationnel mais l'opérationnel n'est que l'effet dont la cause se situe en chacun. Mes coachings touchent donc de plus en plus les causes émotionnelles profondes, même au niveau des DG qui accueillent favorablement cette manière de les coacher. Aider une personne à porter attention à son monde intérieur n'est en rien dangereux. C'est libérateur. La personne en redemande car elle se rend compte qu'elle récupère une force qui lui faisait défaut jusqu’alors dans son métier ou dans sa vie personnelle. En résumé, je crois qu'un bon coaching doit associer inconscient et opérationnel. Ce n'est pas l'orthodoxie de la profession avec laquelle je ne suis pas d'accord sur ce point. Il m'est arrivé de faire redescendre des cadres au moment ou ils portaient encore des culottes courtes. Tout cela pour les aider à surmonter une situation de crises ou à faire face plus efficacement à certaines situations professionnelles. Les résultats ont été au delà de ce que j'aurais pu imaginer ! Mais ça fait peur. Ce n'est pas une raison pour l'exclure du coaching sous des prétextes de danger. Nous voyons souvent un danger... dans ce que nous ne connaissons pas ! Donc un bon psychothérapeute qui a en plus des qualités d'homme d'action pourrait bien être un très bon coach. Tout comme un homme d’entreprise qui a fait l’effort de connaissance pour comprendre ce qu’est un être humain peut ensuite coacher en intégrant cette dimension dans ses coachings. Arrêtons de cloisonner et de séparer.

17/10/2007 12:21:56 - C. d'Olmo

La qualité d'ecoute et d'empathie me paraît etre le socle de toute relation humaine. Du moins je le croyais jusqu'à cet article... Je vais en parler, à mon divan préféré.

15/10/2007 14:11:24 - Pierre Alventosa

Si l'auteur de ces lignes pense que l'empathie n'est pas la clé de voûte de toute relation humaine, dont le coaching de manager, j'en suis attéré pour vous... je vais en parler à mon barman préféré.

11/10/2007 16:19:01 - Philippe POMPON

Bonjour, Actuellement consultant indépendant, je réoriente progressivement ma pratique vers le coaching et j'ai investi dans une formation au coaching dans cet optique(formation coach and team de Vincent Lenhardt). En lisant cet article, j'ai pris peur, je me suis posé la question "Mais comment vais-je trouver ma première mission ?" Les points évoqués dans ce sujet ne laissent pas la place au "débutant". Quant à la part du chiffre d'affaire, je pense que je ne répondrai jamais à quelqu'un qui me pose cette question (question de déontologie). D'autre part, la disponibilité totale pour le client rencontre la limite de "l'hygiène du coach", comment un bon coach peut-il prendre soin de son client s'il ne sait pas prendre soin de lui-même ? En conclusion, je souhaiterais connaitre la formation spécifique au coaching de madame Fourès.

10/10/2007 23:29:15 - Ghislaine PIERQUET

Bonjour, D'accord avec la plupart de ce qui est dit dans ce texte, sauf deux éléments qui ne m'apparaissent pas totalement justes, car tronqués, écouter ne signifie pas compatir, la notion d'écoute est indispensable, il est nécessaire que le client s'entende dire, prononcer, répéter et prendre conscience. D'autre part, il n'y a pas de diplôme pour l'intelligence émotionnelle, et c'est elle qui mène. Une bonne connaissance oui, mais pas forcément une équivalence ; en quoi certains autodidactes seraient ils forcément moins efficaces que les diplômés ? S'il suffisait de diplômes, pourquoi ne réussissent-ils pas tout ce qu'ils touchent ? Ha, psycho ou pas psycho vous avez dit ? Le grand débat entre les diverses fédérations, et si on parlait simplement de bon sens et d'humanité, même au niveau de l'entreprise ? Cela donnerait peut être un avenir plus optimiste que l'actuel ? Qu'en pensez-vous ?

Vous aussi réagissez


(La taille maximale autorisée pour un message est de 4000 caractères)