Animation d'équipe 

 

Managers, le syndrome du labrador frappe encore !

Edouard Lederer | LEntreprise.com | Mis en ligne le 18/04/2007
 
  • Diminuer la taille du texte
  • Augmenter la taille du texte
  • Imprimer cet article
  • Envoyer cet article à un ami
  • Réagir à cet article
 
 
 

3. Les épanchements du chef

Gérard trépigne et ne rêve que d’une chose : sortir du bureau de son manager. Voici une demie-heure qu’il l’écoute patiemment sans broncher. Cet entretien, qui ne devait durer que dix minutes, s’éternise. Au début, les sujets abordés sont des dossiers précis, mais très vite le manager passe en mode « épanchement ». Il évoque les états d’âmes dans les autres services, dévie sur sa maison de campagne, puis sur sa passion pour le golf. Bref, il s’écoute parler et Gérard se retient de bailler. Le décalage devient total quand son manager s’exclame : « Les tarifs de mon club de golf ont doublé cette année, un vrai scandale ! » La situation est délicate : Gérard ne peut pas se permettre de quitter la pièce ni montrer un signe d’impatience. Son manager pourrait mal le prendre…

Comment faire autrement ?
Rien de mal à vouloir dialoguer avec un collaborateur… à condition qu’il en ait le temps. Observez pour cela son attitude ou demandez-lui son avis. Sinon, retenu malgré lui dans le bureau, il s’agace et retiendra surtout de la conversation qu’il a pris du retard. Autre écueil à éviter : parler de soi, parfois jusqu’au décalage. L’exercice de séduction d’un manager passe avant tout par le plan professionnel. Mieux vaut aborder les développements stratégiques ou la mise en place d’une nouvelle organisation que de partir sur le registre d’une intimité artificielle. Idéalement, les sujets perso sont à réserver aux moments où les codes de l’entreprise tombent (repas, pots…).

4. L’attente sur le paillasson

Trois jours que Gérard a pris rendez-vous avec le grand chef. Il doit faire le point sur les dossiers chauds du moment. Deux étages à grimper, un couloir à traverser, puis Gérard frappe à la porte. « Désolé, je suis en ligne. Tu peux revenir cinq minutes ? » Gérard repart à son bureau, puis revient. Déjà huit minutes de perdues. « Encore un instant », lui dit le boss. Gérard patiente deux, cinq, puis dix nouvelles minutes. Situation délicate : doit-il revenir à la charge au risque de paraître trop insistant ? Ou bien retourner à son bureau sans rien dire ? Finalement, il entre dans le bureau du patron avec vingt minutes de retard. Vingt minutes de perdu où il aurait pu bosser sur un autre dossier urgent.

Comment faire autrement ?
Les réunions internes sont parfois traitées avec plus de légèreté que les rendez-vous avec un client ou même avec son coiffeur ! On a le sentiment qu’un collaborateur proche ne se vexera pas pour un rendez-vous reporté et qu’il est payé pour faire preuve de souplesse. Ce n’est pas entièrement vrai : Gérard est placé dans une position désagréable où il n’a pas le choix, où il n’est pas respecté. On le voit mal reprocher à son supérieur son manque de ponctualité, alors que l’inverse peut arriver. En conséquence, il peut se montrer moins réactif et motivé. Un rendez-vous pris, même avec un collaborateur proche, doit donc être tenu, sans réunion juste derrière, ligne téléphonique déviée.

Lire le premier épisode

 
 
 
VOS REACTIONS
20/04/2007 09:34:58 - Yannick MOUEBI MAYOMBO

Le syndrome du lebrador est malheureusement encore monnaie courante dans nos administrations, nos entreprises publiques et privées,dans les pays developpés comme dans ceux sous développés. Ces dérappages des managers peuvent être conscients ou inconscients. Dans tous les cas, le syndrome est tributaire à la culture d'entreprise,à l'organisation de l'entreprise ou au comportement narcissique de certains managers.Dans les entreprises ayant un organigramme rigide où la relation entre les chefs hiérarchiques et ses collaborateurs est descendante, il est évident que le Gérard ne soit pas, par exemple, permi "de reprocher à son supérieur son manque de ponctualité, alors que l’inverse peut arriver". Le manager qui a une trop forte estime de soit, et qui se veut "aveugle" ne peux que cautionner son comportement. Une organigramme simple et flexible,à mon avis, trouverait solution au syndrome du lebrador et aux frustrations des collaborateurs causé par celui-ci, qui sont susceptibles de briser la logique de l'entreprise en tant que système. Lequel système nécessite le bon fonctionnement de tous les élements qui le compose. Un employé frustré pertube inévitablement le système.

19/04/2007 18:42:23 - Edouard

Bravo pour le syndrome du labrador. A quand celui du caniche ? et du pitbull ?

Vous aussi réagissez


(La taille maximale autorisée pour un message est de 4000 caractères)

 
 
Expert Mag