Efficacité personnelle 

Je bosse quinze heures par jour et... je reste zen !

De nombreux dirigeants d'entreprise ne comptent pas leurs heures et prennent peu de vacances... Pour être plus efficaces, ils ont tout organisé pour travailler beaucoup (trop), sans jamais être débordés. Zoom sur leurs recettes pour tenir le coup.

Eric Delon | LEntreprise.com | Mis en ligne le 24/04/2007
 
 
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Lorsque je me réveille la nuit pour boire un verre d’eau, je me connecte souvent quelques minutes pour connaître le taux de fréquentation de mes blogs. Mais je n’ai aucun mal à me rendormir ensuite. » A l’image de Christophe Labédan, 43 ans, président du Social Media Group, éditeur de blogs thématiques (auto, immobilier...), les accros du boulot sont légion chez les entrepreneurs et les indépendants. Ils confient facilement ne pas compter leurs heures effectives de travail, flirtent plus volontiers avec les 70 heures qu’avec les 35 réglementaires. Chose étonnante, ils ne songent pas un instant à se plaindre, et prennent même du plaisir avec ces horaires à rallonge alors même que 69 % des cadres (CSA 2005) déplorent « travailler plus d’heures qu’ils ne le souhaiteraient ». Circonstance « aggravante », ces managers (d’un troisième type ?) confient travailler de façon « superefficace ». Auraient-ils une botte secrète ?

Maîtres de leur temps

"En vacances, j'oublie tout"

Norbert Tricaud, même s’il est un amateur de randonnées avec son épouse et ses trois garçons, n’est pas vraiment un inconditionnel des vacances. « Sur les deux dernières années, j’ai pris deux semaines et demie par an, et ce, à la demande de ma famille, car j’ai l’impression de m’amuser quand je travaille. Je reste joignable à tout moment pour mes clients privilégiés », avoue-t-il. Jeune marié, Christophe Labédan a négocié avec sa moitié, lors de sa récente lune de miel à l’île Maurice, de pouvoir travailler « de 6 à 11 heures du matin ».
Bref, même en vacances, nos gros bosseurs semblent ne pas parvenir à décrocher car, proclament-ils la main sur le coeur et le sourire aux lèvres, « le client est roi ». C’est le credo de Franck Dansaert, qui prend ses congés en même temps que ses clients : « Je me cale sur leurs agendas, et je reste joignable en permanence. »

« Comme les sportifs de haut niveau, les entrepreneurs ou les solos présentent un profil psychologique particulier. Le stress positif agit chez eux comme une sorte de dopage, analyse Sophie Percebois, consultante chez Demos. Même s’il doit lui aussi composer avec son environnement économique, l’entrepreneur est maître de son projet, contrairement au cadre d’entreprise. Le fait de piloter son existence rend plus supportables les débordements d’horaires. Associé-fondateur de l’agence de design Duetto, Eric Phelippeau, 43 ans, confie volontiers que, depuis ses débuts d’entrepreneur, il y a une quinzaine d’années, il n’a « toujours pas l’impression de travailler ». « Je m’amuse, je crée, je me fixe des challenges en permanence. » Même état d’esprit chez Mohed Altrad, Syrien d’origine et PDG fondateur de la société Altrad (1 400 salariés), l’un des leaders mondiaux de la bétonnière et du matériel d’échafaudage. Debout tous les matins entre 4 h 30 et 5 heures, Mohed Altrad, également romancier et essayiste, justifie sa boulimie de boulot par la réalisation d’un objectif de jeunesse : « Je souhaite entreprendre le plus de choses possible en l’espace d’une vie, puis pérenniser ces réalisations. »

En accord avec la famille

Outre une véritable passion pour leur projet, ces entrepreneurs surbookés gardent leur sérénité grâce à des principes qu’ils s’efforcent de respecter à la lettre. Comme le pacte avec la famille.

« Lorsque je ne travaille pas, je me consacre à 200 % à mon épouse et à mes enfants », assure Norbert Tricaud, avocat d’affaires international et chargé de cours en droit bancaire et financier à Paris-I, qui, alors qu’il a un « emploi du temps de ministre » durant la semaine, a obtenu de ses proches de pouvoir se remettre à ses dossiers quatre heures le samedi (« pour faire la synthèse de la semaine écoulée ») et quatre heures le dimanche (« pour préparer la semaine à venir »). Même clarté chez Pascal Capuano, gérant de la société ei-Strategy, installée à Marseille et spécialisée dans la gestion stratégique de l’information. « Je m’efforce d’expliquer à ma famille la nature de mon travail, mes contraintes et en quoi tout cela lui sera bénéfique, in fine, en termes d’aisance financière et d’épanouissement personnel. »

Organisation sans faille

Point commun de ces boulimiques du boulot, une organisation sans faille leur permet de rester zen et de concilier longues journées de travail et efficacité. C’est l’un de leurs secrets pour que les dépassements d’horaires restent un plaisir et non une contrainte... Auteur de S’organiser c’est facile (éd. Eyrolles, 2006), la consultante Laurence Einfalt estime que « ce type d’entrepreneurs a en commun d’avoir mis en place une organisation personnelle à laquelle leur équipe s’est adaptée. Ils considèrent que leur temps, et celui de leur équipe, est précieux, donc ils ne le gaspillent pas ». Ainsi Alain Breuer, 58 ans, PDG de la société Breuer SA (50 salariés), basée à Nice, qui exporte dans le monde entier des cravates et des vêtements haut de gamme pour hommes : « La tentation du patron de PME est de tout contrôler. Or mes fréquents déplacements à l’étranger me l’interdisent. Je délègue donc largement mes prérogatives sur la partie achat et commercial à mon DG adjoint et à mon directeur administratif et financier. L’un et l’autre sont polyvalents et peuvent me suppléer à tout moment dans la gestion quotidienne. »

 
 
 
VOS REACTIONS
15/04/2010 16:20:50 - ORTIZ

Quand on fait un travail que l'on aime, ce n'est plus une corvée mais une passion et il n'y a rien d'étonnant ni d'extraordinaire à y consacrer 15 h par jour. J'admire plus les gens qui ont un emploi dur et ennuyeux, et qui y consacrent 7h30 par jour, qui doivent ensuite faire les courses dans les supermarchés, faire du ménage, la cuisine (car ils n'ont pas les moyens d'avoir des gens de maison) : toutes ces tâches ingrates et répétitives qu'il faut cependant assurer tous les jours (les femmes qui travaillent en savent quelquechose !). Donc, pour moi, excepté le courage de se lancer dans l'aventure qui n'est pas donné à tout le monde, sinon, vraiment rien d'extraordinaire. Ce monsieur se fait plaisir à longueur de journée dans son boulot, car il l'a choisi et qu'il est en plus maître de la situation et qu'il en reçoit les bénéfices financiers.

22/03/2008 10:35:58 - Steeve DICKSON

Je trouve cet article interressant mais je me demande si cela dénote réellement de la réalité tout ce qu'on y raconte. Ou si même c'est le cas on ne fait pas cas de l'état de la vie familiale ce ces derniers et/ou si ce n'est pas une fuite de cette dernière. En conclusion, je pense qu'il faut gérer son temps au mieux et équilibrer sa vie en conséquence..

17/06/2007 11:11:06 - François

15 heures de travail + 1 heure pour deux repas pris sur le pouce + 1 heure pour toilette ,petit déjeuner, etc + 1 heure pour les transports + 5 heures de sommeil ... reste donc 1 heure pour s'occuper des enfants, les suivre dans leur scolarité, faire du sport pour rester en forme, suivre l'évolution du monde et se cultiver,avoir une vie sociale,etc. Je ne suis pas sûr que cet emploi du temps conduise vraiment à l'efficacité, celui de Claude Bébéar quand il dirigeait AXA me paraît plus équilibré...

16/06/2007 12:15:30 - florent

les 213 jours ne sont pas bases sur 35 heures mais sur 13 heures / jour. reste 11 heures / jours 2 pour manger 7 à 8 pour dormir et pour la famille pas grand chose. 213 jours c'est 365 jours - 104 jours (samedis dim) - 35 jours (congés payés) - 13 jours congés tels 1 er mai 8 mai .... Travailler plus pour un cadre salarié ça veut donc dire travailler les week end..ou pendant les vacances... Désolés mais pour ça il faut m'augmenter et beaucoup plus que ce que propose le gouvernement !

27/04/2007 10:31:09 - jacqline

Gérer son temps de travail pour un "boss" (qui ne se plaint pas de faire plus de 35 h) c'est aussi gérer son mental. Je regrette que l'une des réactions à cet article soit quasi violente. La tolérance est aussi une vertu fondamentale pour réussir à être et à faire.

26/04/2007 20:29:33 - Houssier francis

Comme le signale François Humbert il y a ceux qui n'ont besoin que de 5 heures de sommeil par jour et de quelques mico-siestes et les autres. Perso il me faut mes 8-9 heures Ce qui me laisse tout de même le temps d'aller aux enterrement des autres...

26/04/2007 10:45:53 - Patricia

En ce moment je me sens en permanence fatiguée et les quelques petites siestes ou le fait d'aller dormir plus tôt n'y arrangent rien.J'éssaye d'avoir une alimentation équilibrée et de faire un peu de sport mais rien y fait ! J'ai entendu parler d'un dérèglement du rythme biologique au début du printemps mais j'aimerais savoir si vous avez des petits trucs pour combattre éfficacement cette "lourdeur". Merci pour vos conseils ;-)

26/04/2007 09:52:46 - isabel

voilà un article qui désigne les super as du boulot au masculin ! mais qu'en est-il des femmes chefs d'entreprise ? pas une minute de gaspillée, entre les taches quotidiennes (lessive et repassage, repas, gouter des enfants, sortir le chien) responsabilité de mére (superviser les devoirs, taxi entre les cours de musique et les entrainements sportifs)quelques douzaines d'heures consacrées à la gestion de son entreprise, et bien sur toujours une super disponibilité "tu peux compter sur moi..." pour les copines, les parents, ou le collégue malade. si l'on ajoute les quelques heures pour le conjoint cela laisse allègrement 6 heures de sommeil. Et contrairement à ces messieurs, pas question de micro-sieste, car les enfants eux n'en font pas ! le samedi consacré au devoirs et courses, reste le dimanche pour faire de la grande cuisine car bien-sur, il faut avoir une vie sociale !!! bref, petit clin d'oeil à la gent masculine qui oublie de passer au pressing avant d'aller à son entrainement sportif !

26/04/2007 06:32:15 - HUMBERT

Bonjour, Dirigeant, d'un cabinet de recrutement pour les Seniors créé en Février 2006, je passe effectivement plus de 15h par jour à travailler. Démarrage à 4h du matin pour "éplucher" ma messagerie (110 messages par jour). Ainsi de 4h à 8 h du matin la "tache" courrier est réalisée. La journée continue ensuite avec les entretiens et les RDV. De 21h à 23h je jette un oeil sur ma messagerie et l'administratif quotidien. La capacité d'un patron est surtout d'avoir la capacité à pouvoir dormir peu, et récupérer très vite. La famille est pour moi essentielle et lorsque je suis en congés (très peu) ou lorsque j'ai un peu de temps libre je suis à 200% avec ma famille. Un peu de sport permet aussi d'oublier les soucis quotidiens. Etre "Patron", je pense que cela n'est pas donné à tout le monde car il faut des capacités de récupération très forte et surtout savoir faire la distinction entre le travail et le temps libre. Les 35h ne sont pas pour nous !! cordialement François HUMBERT

25/04/2007 21:59:03 - OKOBO

C'est assez intéressant Pour les personnes en couple et ayant des enfants, il faut s'assurer du moral des premières troupes: La famille. C'est la first entreprise. Mais comme pour une entreprise, c’est un travail d’amour de tous les jours Bon courage à tous. Responsable de multinationales pas encore connues

25/04/2007 21:13:51 - POIRIER

Bonjour,je lis cette réflexion de certain chefs d'entreprise qui feraient 70h par semaine. Ok regardons la pénibilitée de leur soit disant travail relationnel avec client,diners d'affaires,supervision de travails exécuter par des sous balternes,réunions ect.... Les travailleurs plus modèstes après leur journée de travail bien souvent pénible (à la chaine ou dans des conditions physiques pénibles ect...) participe à des réunions ou meme les organise qu'elles soient associatives ou autre,s'occupe de leur jardin font du sport assiste leurs enfants dans les études. Etpour ces travailleurs on appele pas cela du travail. Alors cela me fait sourir ces gents responsable avec des journées sans limites Il sufit de controler la durée de vie des gents suivant leur profession et on comprend vite. Je suis un chef d'entreprise (privilégié)

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