Efficacité personnelle 

Crise : six manières de s'en sortir

Le métier d'entrepreneur est un métier à haut risque, surtout en période de menace de crise financière. Pour garder la tête hors de l'eau, il faut savoir utiliser les bons réflexes de survie .

Maxime Amiot | LEntreprise.com | Mis en ligne le 06/10/2008
 
 
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Préparer son sursaut

Actionnaire majoritaire du fabricant de chaussures Pindière depuis près de vingt ans, François-Xavier Chupin décide de jeter l'éponge en 2003, sur fond de retournement du marché de la chaussure, laminé par la production à bas coût des pays émergents. L'épisode l'a marqué : « Lorsqu'un chef d'entreprise réussit, il est admiré, il est reconnu socialement. Lorsqu'il échoue, le regard des autres est impitoyable. Il chute de son piédestal. » S'ensuivent un divorce, des amis qui s'éloignent, et des connaissances professionnelles qui raillent son échec...

Mais il en fallait plus pour abattre ce Nantais : avant même de quitter Pindière, l'homme avait préparé sa reconversion. « Quand on est dans le feu de l'action, obligé de rencontrer des investisseurs, on est dans une spirale positive, on ne cogite pas », explique-t-il. Sa cible est rapidement identifiée : la société Kappa Footwear France, spécialisée dans la conception de vêtements et chaussures de sportswear. Séduit par la solidité de cette marque déjà réputée, l'homme entreprend de convaincre les banquiers.

Anticiper son échec.

Avant même de se retrouver sur le carreau, François-Xavier avait identifié son nouveau projet.
Pour aller de l'avant

« Ils étaient doublement refroidis : à la fois par mon expérience chez Pindière, et par l'état du marché du textile, qui ne présageait rien de bon. » François-Xavier Chupin parvient pourtant à emporter la décision grâce à des amis fidèles, qui lui apportent 20 % du capital requis. Rebaptisée Kappa France, la marque est aujourd'hui équipementier officiel de plusieurs équipes sportives (dont le FC Nantes). Le chiffre d'affaires prévu pour 2008 est de 30 millions d'euros, contre 8 en 2005... « L'important, c'est de ne jamais perdre confiance : je savais que j'avais prouvé des choses chez Pindière, dont j'avais multiplié par trois le chiffre d'affaires en dix ans. Je m'en suis souvenu. »

Prendre de bons appuis

En 2003, Evelyne (qui souhaite rester anonyme) doit affronter le dépôt de bilan de son entreprise industrielle, fondée par son père. « J'ai vécu cette situation comme un échec complet, par rapport à moi-même et à mon père, mais aussi vis-à-vis des salariés, qui se sont retrouvés sur le carreau », explique-t-elle. Durant de longs mois, la dirigeante, sous antidépresseurs, se lève tard, ne sort plus de chez elle et broie du noir. « Mon mari avait une situation confortable, ce qui est une chance. Mais cela ne m'a pas incitée à me bouger. »

Se faire conseiller.

Evelyne a su rompre son isolement en contactant l'association Re-Créer.
Elle a pu ainsi rencontrer d'autres patrons qui vivaient une situation semblable et partager leur expérience.

Jusqu'au jour où elle s'inscrit à l'association Re-Créer, spécialisée dans l'accompagnement de dirigeants en difficulté. « J'y ai rencontré des entrepreneurs qui affrontaient des situations très difficiles, et qui pourtant arrivaient à s'en sortir. Cela a été un électrochoc. » Evelyne effectue un bilan de compétences, qui révèle son attirance pour des métiers à forte dimension humaine. D'où sa décision de créer une entreprise de services à la personne. Bilan positif puisque la nouvelle société a dégagé ses premiers bénéfices en 2007. « Je suis plus heureuse dans mon activité actuelle qu'à la tête de mon entreprise industrielle ! » Un mal pour un bien, c'est possible.

Rester en mouvement

Après le dépôt de bilan de sa société de menuiserie à la fin des années 1990, Michel Lavrard n'a pas baissé les bras. « Lorsque vous avez passé la quarantaine, que vous avez une famille de quatre enfants à nourrir et un emprunt immobilier en cours, il n'y a pas trente-six possibilités : il faut se bouger ! » L'homme épluche les offres d'emploi, bien décidé à « prendre ce qui se présentait ». Il sillonne la France pour rencontrer les recruteurs, allant jusqu'à dépenser 10 000 francs de l'époque par mois en frais d'essence et d'hébergement.

Rester humble

Il faut parfois faire profil bas. Trop marqué pour se relancer comme entrepreneur,Michel a opté pour le salariat.
De quoi se remettre en confiance sereinement

Six mois plus tard, il est contacté par un groupe de fabrication d'accessoires de toiture et de chauffage. « Ils cherchaient un dirigeant pour leur filiale française, qui ne comptait que trois salariés et qui peinait à se développer. » Rasséréné par cette « seconde chance », Michel s'investit à fond et parvient à développer la société, qui réalise aujourd'hui 25 millions de chiffres d'affaires et compte 50 salariés...

Reculer pour mieux sauter

Comptes truqués, chiffre d'affaires maquillé, parc automobile vieillissant... Quelques mois seulement après avoir repris une société de location de véhicules courte durée, Jean Massmonté se trouve confronté à une réalité tout autre que celle qui lui avait été présentée. « C'était quasiment une escroquerie. Malgré les audits réalisés avant l'achat, j'allais de surprise en surprise », se souvient-il. De quoi l'inciter à intenter à un procès contre le cédant et finalement à jeter l'éponge. « J'avais 46 ans, une famille à faire vivre : il fallait que je retrouve du travail rapidement. »

Retrouver confiance en soi.

Jean a su dresser le bilan de ses compétences et faire le point sur ses attentes pour nourrir ses projets.

Jean vend sa maison avec piscine de l'île de Ré, et décide de regarder... en arrière. « J'ai fait mon propre bilan professionnel, listant les compétences que j'avais acquises au cours de ma carrière. Cela m'a redonné confiance tout en m'ouvrant de nouvelles pistes. » L'ancien courtier en assurances décide ainsi de se relancer dans son métier d'origine. Il crée son propre cabinet, MB Consultants, spécialisé dans l'accompagnement de dirigeants, et la gestion de fin de carrière.

 
 
 
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