Stratégie de l'entreprise 

Maintenir le cap malgré la crise

Etre réactif, garder son sang froid, et ne pas hésiter à réduire la voilure si nécessaire. Les périodes de crise sont en même temps souvent propices à saisir des opportunités et à accélérer des projets. C'est ce que recommandent les dirigeants de quatre PME que nous avons interrogés : LSF Interactive, Qosmos, Sellermania et FullSIX.

Hélène Desmas | LEntreprise.com | Mis en ligne le 14/10/2008
 
 
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- Ressentez-vous, observez-vous ou subissez-vous déjà certains effets de la crise ( dans votre entreprise, chez vos clients, vos fournisseurs, auprès de votre banquier ...)

> Daniel Laury , dirigeant de LSF Interactive (gestion de campagnes de communication sur internet)

Pour notre agence de marketing en ligne dont le siège est à San Francisco, les effets de la crise sont de deux types : nous avons subi en début d'année la faillite d'un gros client , qui nous a coûté beaucoup d'argent, et nous nous préparons à des réductions de budgets pour le 4e trimestre. Mais nous sommes mieux placés que nos concurrents qui travaillent dans la communication "offline" (medias traditionnels), car les reports de campagne se font sur le "online" (internet), et nous en bénéficions. Jusqu'alors, nous avons pas mal résisté aux effets de la crise, mais depuis quelques jours, nos commerciaux nous annoncent des réductions de budgets publicitaires pour la fin de l'année, et ça, c'est nouveau...

> Thibaut Bechetoille, dirigeant de Qosmos (sécurité des fluxs qui circulent sur les réseaux IP)

Nous avons un business model dit « horizontal », c'est-à-dire que nous adressons différents cas d’applications avec la même technologie (un peu comme une base de données qui peut être utilisée pour différentes applications). Ce modèle permet de répartir les risques, certaines applications pouvant tre moins sensibles aà la crise que d’autres. Par exemple, tout ce qui est traçabilité d’informations dans les réseaux connaît une demande importante avec la crise actuelle.

> Stéphane Jauffret, dirigeant de Sellermania (solutions pour les sites de vente en ligne)

Nous sommes en forte croissance, et ne ressentons pas vraiment en interne les effets de la crise. Il est probable que nous grandirions plus vite s’il n’y avait pas la crise mais on ne peut pas en être sûrs. Parmi nos clients et partenaires, nous observons des effets : certains envisagent des licenciements, voient un ralentissement dans leur activité. Les consommateurs sont plus prudents sur leurs achats et les marchands font aussi moins de croissance que l’an dernier.

> Anne Browaeys et Marco Tinelli, dirigeants de FullSIX. (agence de marketing relationnel)

Nos clients du domaine bancaires sont pour l'instant très prudents dans leurs actions marketing, et n'ont bien sûr pas une grande visibilité. Concernant ces clients, nous sommes dans une phase de gel des opérations marketing en attendant d'y voir plus clair. Pour tous les autres clients (automobile, télécoms, grande consommation, voyages, etc …) , nous sommes plutôt sollicités pour les aider à réfléchir sur la façon de réagir par rapport à l'éventuelle récession qui s'annonce. En effet, FullSIX est depuis longtemps entré dans une démarche de mesure de performance et de ROI avec ses clients. De plus, nous sommes très actifs sur les médias agiles et flexibles comme le Web, sur lesquels la performance est facilement mesurable et optimisable.

- Pensez-vous qu'une PME peut être plus "réactive" qu'une entreprise de plus grande taille en face du "gros temps" ?

> Daniel Laury

Il ne faut pas hésiter à réduire la voilure quand c'est nécessaire, avant que ce ne soit trop tard . Et plus que jamais, il faut s'accrocher à son "cash" en le plaçant en Bons du Trésor à court terme (3 mois), par exemple, et surtout anticiper. Une petite entreprise qui a du "cash" (de la trésorerie) va pouvoir faire face aux trous d'air. Soit on a de la trésorerie, soit on n'a rien. Les PME de la Silicon Valley ont très peu accès aux prêts bancaires, et du côté des VC (ventures capitalists : capital risqueurs) , leurs préférences de liquidation (garanties) atteignent jusqu'à 2 ou 3 fois ce qu'ils investissent.

> Thibaut Bechetoille,

Une PME, si elle est bien financée peut être effectivement beaucoup plus réactive qu’un grand groupe. Si on doit restreindre les dépenses (burn rate dans le jargon du venture capital). Les mesures prises ont plus d’impact en pourcentage des dépenses et en temps de mise en œuvre que dans un grand groupe.

 
 
 
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