

Evoquer les questions d'argent avec aisance est le nerf de la guerre quand on veut réussir sa négo, tant avec un client qu'avec son boss. Si parler gros sous vous est difficile, voici comment aborder la question plus facilement. Extrait de Réussissez toutes vos negos en entreprise, édité par L'Entreprise.
Vous souhaitez réussir vos négociations ? Lisez l'intégralité du livre dont ce dossier est extrait :
Réussissez toutes vos negos en entreprise, publié par L'Entreprise (Groupe Express Editions).
Deux stratégies
Si vous faites partie des « personnes à habileté réduite pour parler d’argent », il peut s’agir d’un véritable handicap, qui empoisonne la vie professionnelle et/ou personnelle, vous pouvez adopter deux stratégies différentes :
>contourner le problème et respecter votre incapacité à parler d’argent en faisant autrement
>affronter le problème et éliminer le dégoût, sortir de la pudeur, acquérir la capacité à traiter de cette question
Pour contourner le problème, quelques solutions simples sont envisageables :
-faites en sorte d’être accompagné dans la négociation par un collègue qui prend les commandes de la discussion lorsque vient le moment de parler d’argent
-fixez des prix à l’avance, au niveau exact de votre objectif, et annoncez que tout est négociable, sauf le prix
- sous-évaluez ce que vous avez à proposer, ou surévaluez ce que vous souhaitez acquérir, de manière délibérée, afin de couper court à tout débat sur la question
- utilisez un intermédiaire pour parler d’argent à votre place (consultant en recrutement, avocat, notaire, agent, etc.
Pour affronter le problème, quelques solutions sont également possibles :
- repérez des « modèles » positifs : des personnes que vous respectez et qui parlent aisément d’argent – observez-les soigneusement, et inspirez-vous de ces modèles en copiant leurs comportements (au besoin, proposez de les accompagner pour une discussion financière, en simple observateur)
- imaginez que ce n’est pas votre argent (si c’est parler de votre argent qui vous gêne
- imaginez que c’est votre argent (si c’est de l’argent de votre entreprise dont vous êtes incapable de parler)
- formez-vous à la négociation, en choisissant un cours où sont proposés des mises en situation et des jeux de rôles qui vous permettront d’exprimer vos difficultés et de les évacuer
- allez voir un coach pour régler la question sur le plan professionnel
- allez voir un psy pour régler la question sur le plan personnel.
1. Comment éviter les confusions sur
le prix d’un produit ou d’un service ?
Avant tout, il est utile de ne pas faire de confusion entre le prix, le coût et la valeur d’un bien.
Exercez-vous !
> Quelques exemples pour illustrer la différence entre un prix, un coût et une valeur.
- « Je ne peux pas vous vendre cet emprunt moins cher que je n’achète l’argent, tout de même ! » est un joli tour de passe-passe bancaire, qui laisse supposer que la totalité de l’argent prêté sera emprunté, en passant sous silence la masse des comptes à vue non rémunérés (ce tour de passe-passe fonctionne aussi avec les matières premières aux prix fluctuants, quand on escamote la question des stocks).
- « De nos jours, on n’a pas un bon vélo à moins de 500 e » est une confusion entre le prix moyen du marché et la valeur de l’objet, savamment amalgamés dans un « bon » indéfini.
- « Regardez la décomposition de mes coûts, je suis au taquet partout, mon prix est bon, vous ne trouverez pas moins cher ailleurs ! » est un amalgame prix/coût /valeur.
Connaître la fourchette des prix
> Pour acheter aux meilleures conditions, l’idéal est de savoir à quel prix minimum l’autre est prêt à vendre. C’est ce que l’on appelle son « prix plancher ».
> Dans l’autre sens, pour vendre au meilleur prix, l’idéal est de savoir quel prix maximum l’acheteur est prêt à dépenser pour obtenir ce que vous avez à lui proposer. On l’appelle aussi « prix plafond ».