
Un coup de promo pour booster vos ventes ? Voici comment lancer et orchestrer une campagne de marketing viral sur internet.
Souvenez-vous. C'était au siècle dernier, en plein Far Web. Les suppositions les plus folles circulaient autour du Segway... ou, devrait-on dire, de Ginger, puisque tel était le nom de code de ce que certains pensaient être une voiture tenant dans une valise, un ordinateur révolutionnaire, un aéroglisseur à hydrogène et même des toilettes sans déchets ! Il a suffi d'une fuite bien orchestrée par l'inventeur du Segway et publiée par le site Inside.com pour que le mystère Ginger commence à s'épaissir. En un an, la rumeur sur cette trottinette unique en son genre allait être relayée par Steve Jobs et Jeff Bezos (les patrons d'Apple et d'Amazon), reprise par le magazine Time, pour finalement faire l'objet d'un reportage en bonne et due forme sur la chaîne de télévision ABC Network. Belle opération de buzz.
Si, comme le pensait Jean-François Revel, « la rumeur est le plus vieux média du monde », internet a donné des ailes aux pros des cancans. Du côté des hommes de marketing, le buzz consiste à faire parler d'un produit avant son lancement sur le marché en touchant un maximum de monde. Du point de vue du consommateur, le buzz ne fonctionne que s'il fait l'objet d'un relais soutenu par cette question centrale : « De quel produit s'agit-il ? » Selon la société d'étude PQ Media, les dépenses des marques en matière de WOMM (Word of Mouth Marketing) ont dépassé le milliard de dollars sur le marché américain en 2007. De quoi faire rêver plus d'une PME française. Reste que le miracle du buzz n'opère pas à n'importe quelles conditions. Pour réussir sa campagne, il faut respecter quelques règles de bon sens et ne pas céder à la mégalomanie galopante, car les risques de dérapage peuvent vite devenir incontrôlables.
Rappelez-vous l'adage : un client satisfait en parle à trois personnes autour de lui, un client déçu en parle à onze.
Le buzz, c'est émerger, être vu le plus possible tout en impliquant les consommateurs. C'est le cas lorsqu'une campagne est reprise et commentée sur les blogs. Mais attention, il ne suffit pas de miser sur un ton décalé et sur un aspect artisanal pour faire un hit. La plus réussie des vidéos ne fera pas de buzz si on n'a pas défini d'objectifs précis. Aujourd'hui, pour toucher le grand public, on a besoin de beaucoup d'argent. Il est difficile pour une marque d'émerger en dessous de 50 000 euros d'investissement. Mais une PME au marché ciblé peut tirer son épingle du jeu avec un fichier bien identifié.
Ayez quelque chose d'important à dire ou à montrer. Sans service ou produit innovants, inutile de prendre la parole. Vous imaginez des inconnus se faire le relais sur leur blog de votre dernière offre promotionnelle juste parce qu'elle est intéressante ? La promesse doit toujours être forte au départ. Tout le monde ne s'appelle pas Apple, Nintendo ou Segway pour pouvoir faire croire qu'il va bouleverser le petit monde du téléphone mobile, révolutionner la manière de jouer avec sa console Wii ou réinventer les transports personnels avec sa trottinette.
Pas question de se mettre en porte à faux. N'oubliez jamais de placer le consommateur au centre de votre dispositif afin qu'il s'approprie pleinement votre marque et votre produit.
Ces individus, très présents dans les divers réseaux sociaux (lire page 28), représentent le noyau dur de votre buzz. Ils sont votre première cible, de véritables amplificateurs et les acteurs indispensables du bouche-à-oreille. Prenez soin de flatter leur ego. Donnez toujours à ces ambassadeurs le sentiment qu'ils font partie des happy few.
Testez des supports où l'on ne vous attend pas, comme la téléphonie mobile ou les opérations de street marketing. Mais inutile de tourner une vidéo si c'est pour mettre platement en avant vos activités. N'espérez pas obtenir le moindre retour de la communauté des internautes en la publiant sur YouTube.
Ne dites pas tout tout de suite, laissez la place à des mini-révélations au cours de la campagne. Cela vous permettra, le cas échéant, de rectifier le tir.
