
LE POSTE SE CRÉE
Il peut également arriver que personne ne s’en aille mais qu’une nécessité
se fasse jour dans l’entreprise et que la direction ait décidé de créer
un nouveau poste et d’embaucher un cadre dans cette perspective. Dans
l’un ou l’autre des cas, aucune annonce n’est parue. Dans le cas d’une
création de poste l’affaire est plus ardue. Et il faudra composer avec la
seule mission dévolue à cette nouvelle fonction, si elle est précisément
définie. Mais il n’est jamais mauvais de se renseigner sur le profil, l’âge
et le parcours du dirigeant dans le cas d’une PME. Souvent, c’est lui-même qui recrute les cadres et
nombre d’entre eux ne détestent
pas les candidats qui leur ressemblent
quelque peu.
Reste que pour débusquer toutes
ces informations il est bon d’avoir
un informateur dans la place. Ou,
à défaut parmi ses clients fournisseurs
ou prestataires divers.
Mais une fois ces connaissances
acquises, il ne faut pas négliger
pour autant les voies traditionnelles
de la communication de l’entreprise.
Se renseigner sur elle
par le biais de son site internet,
du syndicat professionnel auquel
elle adhère, de la presse spécialisée,
professionnelle ou économique peut amener au candidat nombre
d’informations pour nourrir sa lettre de motivation. Et même d’autres
informations qui, si elles ne nourrissent pas directement sa candidature,
le renseigneront sur celui qui sera peut-être son futur employeur.
Des tuyaux destinés à le rassurer. Ou, au contraire à le dissuader de postuler. Une fois la collecte achevée, il faut s’atteler à la lettre proprement dite et la rédiger en fonction du profil – approximatif – que l’on aura échafaudé. Inutile d’interpeller le recruteur sur le mode conspirateur. « Quelqu’un de votre entourage m’a dit que vous recherchiez éventuellement un chef de projet » est totalement nuisible. On est proche du climat de délation. Mieux vaut écrire en position de confiance en affirmant tout de go : « J’ai appris que vous recherchez un chef de projet ».
TEMOIGNAGE : Pascal, ingénieur d'affaires dans une société de services aux entreprises.J'étais dans une PME dont j'avais fait le tour. J'ai fini, certes avec de belles responsabilités mais avec un stress permanent. Surtout, n'ayant plus aucune possibilité d'évolution, je me voyais finir ma carrière dans cet état. Jusqu'à ce que, grâce à mon réseau, j'entende parler d'une création de poste chez un client, un groupe de 800 personnes. Il était certes sous-dimensionné pour moi, mais il comportait de vraies perspectives d'évolution, avec un salaire intéressant, en plus.
Dans ma lettre, j'ai argumenté grâce aux infos de mon contact. Je savais qu'il fallait rassurer la DRH sur le bien-fondé de ma candidature. J'ai joué sur deux tableaux : mon opérationnalité immédiate qu'il était facile de prouver vu que ma future mission ne représentait qu'une partie de celles que j'occupais à mon poste précédent. Mais surtout, j'ai mis en évidence mes capacités à développer un nouveau vusiness chez euxJ'ai été recruté et je me prépare aujjourd'hui à ouvrir une nouvelle unité. Je sais que le boss est ravi de voir que j'insuffle un peu de culture de PME hyper-réactive dans sa lourde organisation quelque peu assoupie par des décennies de marges confortables.
AVIS D'EXPERT : Hélène Lahontaa, animatrice d'équipe ANPE, responsable des jeunes diplômés à l'IAE de Tours.
Bien travailler sa recherche d'informations décuple le courage du candidat au moment de la relance. Nous le constatons chez ceux qui ont pris la peine de chercher des informations pertinentes. Ils lisent les articles de presse le surligneur à la main, ils annotent des interviews. Ils relèvent ainsi des arguments pour justifier leur candidature et personnaliser intelligemment leur lettre de motivation. Du coup, quand ils doivent relancer le recruteur à qui ils ont écrit, ils sont moins intimidés car ils ont des éléments pour accrocher l'attention. Ils savent donc mieux placer leurs arguments qu'un candidat qui relance mécaniquement.
Si votre contact est influent au sein de son entreprise, indiquer son nom sur une lettre de motivation peut ouvrir bien des portes. Il aura tout du moins l'avantage de retenir l'attention du récipiendaire de la lettre. Demandez-lui toujours son accord. Sa réponse est toujours révélatrice : de sa légitimité au sein de l'entreprise mais aussi sur son opinion sur vos chances d'être recruté. S'il se montre réticent, c'est qu'il estime votre candidature risquée pour son image au sein de l'entreprise. Dans le cas contraire, il laisse le service RH évaleur la pertinence de votre profil par rapport à un éventuel besoin.

