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Décrocher un emploi 

Bien cadrer sa lettre de motivation

 
 

Lettre de motivation : candidature spontanée

Michel Holtz (extrait du Guide de la lettre de motivation, Express Editions, collection Cadremploi.fr) | LEntreprise.com | Mis en ligne le 15/01/2007
 
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LA PLACE EST DÉJÀ INVESTIE

Toute cette enquête pour connaître l’entreprise et le poste à pourvoir est grandement facilitée lorsque l’on travaille déjà dans l’entreprise en question. Dans ce cas, il est plus simple d’avoir vent de la création d’un nouveau poste. Pour autant, postuler en interne n’est pas une simple formalité et répond à des codes précis. Dans ce cas encore, la lettre de motivation prend toute son importance. Votre CV ? l’employeur le connaît par coeur et, dans une grande entreprise, il est consciencieusement archivé à la DRH. Quant à votre expérience récente, tout le monde la connaît et pour cause. Tout est donc question de motivation au changement de poste, à l’évolution éventuelle voire au changement de service, de département ou à la mutation souhaitée. Il va falloir argumenter point par point pour obtenir ce poste. D’autant que la lettre doit non seulement justifier la volonté du candidat pour cette nouvelle fonction, mais elle doit aussi expliquer pourquoi on souhaite quitter son job actuel, sans froisser personne. Délicat.

Évidemment, avant d’écrire cette lettre déterminante, et avant, surtout de la remettre à la DRH, il convient d’en parler aux personnes intéressées. En commençant par son supérieur actuel. Évoquer cette possibilité en premier lieu avec le responsable du département qui recrute et la DRH revient à prendre un risque considérable : celui de la fuite. Laquelle risque d’atteindre un chef de service avec qui l’on travaille chaque jour en confiance et qui apprend par la bande que l’on souhaite aller voir ailleurs si les bureaux sont plus beaux. Une fois tout ce petit monde au parfum, il va falloir postuler en mettant en avant les qualités qui nous prédisposent à occuper cet emploi, comme on le ferait en réponse à une petite annonce. Mais il convient également d’ajouter un petit mot sur son poste actuel. Lequel, évidemment, nous donne satisfaction, mais ne permet pas l’évolution que nous souhaitons donner à notre carrière. L’idéal dans un tel courrier serait de pouvoir citer son chef de service actuel, qui nous donne son entière bénédiction pour cette candidature. Et qui, le cas échéant, pourrait s’avérer un soutien utile.


LE POSTE RESTE À INVENTER

Lorsqu’un poste n’est pas à pourvoir, qu’un dirigeant ou DRH n’a aucune intention, même vague, dans ce sens, l’imagination est au pouvoir. Mais elle ne suffit pas. C’est que dans un tel cas, le candidat se doit de faire plus que de se vendre, même le mieux possible. Il doit élaborer un projet cohérent. Une démarche plus proche d’une création d’entreprise que d’une simple candidature à un nouveau poste. En fait, il s’agit ni plus ni moins de proposer ses services comme le ferait le futur fournisseur d’une entreprise et la seule différence réside dans le mode de paiement : un contrat de travail en lieu et place d’une facture.

Avant tout, il s’agit de bien connaître l’entreprise ciblée et le marché où elle intervient. Puis, il s’agit de diagnostiquer ses manques, et de les mettre en relation avec ses propres compétences. Pas simple de faire s’imbriquer les unes et les autres. D’autant moins qu’une telle action se doit d’être dûment étayée, voire chiffrée. On ne peut plus, à ce niveau, parler de simple lettre de motivation puisqu’il s’agit d’un dossier complet destiné à convaincre un recruteur ou un chef d’entreprise du bien-fondé de notre démarche.

Il n’est pas question pour autant d’envoyer cette somme de dix ou vingt pages par la poste sans autre forme d’avertissement. Au mieux, un bon projet ainsi expédié finira ses jours au fond d’une corbeille à papier. Au pire, si c’est une bonne idée, elle sera légèrement transformée pour éviter l’accusation de plagiat et sera ensuite appliquée en interne sans que son auteur ne soit prévenu. Repérer le bon interlocuteur nécessite beaucoup de démarches. Qui ne passent pas forcément (du moins pas tout de suite) par la DRH. Il faut contacter le responsable du département ciblé dans le cas d’une grande entreprise ou le dirigeant dans le cadre d’une PME. Quel qu’il soit, il vaut mieux en passer par un opérationnel apte à juger de la valeur de la proposition. À lui, après approbation, d’en référer aux ressources humaines qui décideront, avec son appui, de la suite à donner, selon des contraintes avant tout budgétaires. Cette prise de contact doit se dérouler selon les méthodes classiques de l’« approche clients ». Et la lettre de premier contact, dans laquelle on invite la personne susceptible d’entériner et de supporter le projet n’est que le premier élément.

Courte, elle doit se contenter d’évoquer le projet sans le déflorer totalement. En évitant la critique négative. Ainsi, si l’on peut faire la démonstration par écrit que la qualité des produits commercialisés n’est pas constante, il n’est pas question pour autant de dénigrer le service production actuel. En revanche, vous suggérez la création d’un service dédié à l’amélioration de la qualité. Et de citer des exemples de parts de marché gagnées après l’instauration d’un tel pôle dans l’entreprise où vous êtes actuellement. Tout est question de dosage et de finesse. Il faut suggérer, par quelques chiffres et quelques exemples que l’on est en mesure de corriger le tir dans l’entreprise ciblée. Pas plus, car c’est en entretien que l’on proposera à la personne qui nous reçoit, de se pencher sur le dossier spécialement réalisé à cette occasion. Évidemment, cette démarche est exclusive. Pas question (sauf dans des cas très exceptionnels) de copier/coller le même projet pour le promener d’une entreprise à l’autre. Et même s’il peut servir pour démarcher plusieurs entreprises présentes sur le même secteur d’activités, il est essentiel de le personnaliser à chaque fois. Ce qui ne pose aucun problème avec un traitement de texte basique.

 
 
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