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Décrocher un emploi 

Bien cadrer sa lettre de motivation

 

Lettre de motivation : candidature spontanée

Faire mouche auprès d'un recruteur sans connaître tous ses besoins, c'est possible à condition d'activer son réseau et de lui proposer un véritable projet ! Découvrez les ficelles d'une lettre de motivation pour une candidature spontanée avec cet extrait du Guide de la lettre de motivation, publié aux éditions L'Express.

Michel Holtz (extrait du Guide de la lettre de motivation, Express Editions, collection Cadremploi.fr) | LEntreprise.com | Mis en ligne le 15/01/2007
 
 
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Rédiger une lettre de motivation sans annonce sous les yeux s’avère plus complexe que de répondre à une offre d’emploi puisqu’on ne dispose pas d’un conducteur. Il faut, dans ce cas, se mettre à la place de son lecteur, bien se connaître et, plus difficile encore, proposer un projet viable et applicable. Ce qu’un simple CV ne saurait faire. D’où l’importance d’une lettre argumentée finement.


DE LA MÉTHODE…

Certes, une candidature spontanée est plus difficile à rédiger que la réponse à une offre d’emploi, dans laquelle il suffit de répondre aux questions qu’elle soulève. Mais elle a de gros avantages qui valent bien que l’on y consacre un peu de temps. Le premier d’entre eux vient de l’absence de concurrence. Oubliées les 200 réponses moyennes à une offre. Ici, le candidat est seul au monde. En découle un énorme privilège : celui de ne pas souffrir de la comparaison avec d’autres profils. Toujours pénalisant, même si l’on peut se targuer d’un parcours impeccable. Autre avantage de cette solitude : le recruteur n’étant pas submergé par une montagne de candidatures, il dispose de plus de temps pour examiner ce dossier particulier. Un avantage qui peut se retourner contre l’auteur. Si son dossier, et surtout sa lettre de motivation, souffrent d’un manque de rigueur et d’une improvisation flagrante, la corbeille à papier risque d’être sa dernière demeure.


PAS DE MAILING SYSTÉMATIQUE

C’est de très loin le système le plus aléatoire pour trouver un emploi. Envoyer un mail à toutes les entreprises d’une région ressemble plus à une bouteille jetée à la mer qu’à une tentative de candidature sérieuse. Mais en procédant à une bonne sélection, les chances d’obtenir un entretien seraient d’environ 5 %, selon une étude réalisée en 2004 par le cabinet de gestion de carrières suisse Daniel Porot. Encore faut-il trier les entreprises que l’on va solliciter. Deux manières permettent de le faire, tout en ne les ciblant que très globalement : soit on sélectionne celles du secteur où l’on a déjà sévi, soit on vise selon son métier, à la condition que les entreprises choisies utilisent les compétences que l’on a acquises.

Un informaticien ou un commercial pourra ainsi se présenter dans des entreprises très différentes, alors qu’un ingénieur spécialisé dans l’éclairage aura quelque mal à offrir ses services au secteur agro-alimentaire. Dans tous les cas, la règle d’or à appliquer est de personnaliser sa lettre en parlant de l’entreprise à qui l’on écrit. Et en expliquant ce qui a déclenché la candidature. Se contenter de l’appeler vaguement « un des leaders du secteur » n’épatera personne. Les professionnels du recrutement affirment faire des overdoses de ce genre de formules creuses. Pour aller vite, nombre de candidats négligent d’évoquer ne serait-ce De plus en plus nombreux et de plus en plus utilisés, les logiciels de tri fonctionnent à la manière d’un tamis, ne laissant passer que les CV contenant des mots-clés correspondant au profil recherché. Il est donc indispensable de les avoir à l’esprit lors de la rédaction du CV. Ce sont généralement des mots déjà mis en avant dans l’annonce. > qu’une seule fois l’entreprise où ils postulent. Il est pourtant très facile aujourd’hui d’accéder à un minimum d’informations via le web. Montrer dans sa lettre que l’on s’est renseigné sur l’entreprise met le recruteur dans un état d’esprit favorable dans la mesure où il se dit que vous ne lui écrivez pas par hasard.


FAIRE UN VIRAGE DANS SA CARRIERE

AVIS D'EXPERT : Valérie Lion, DRH de la SSII ACTI.
Il est un cas où la lettre est primordiale : en cas de virage de carrière. Seule la lettre peut m'aider à comprendre pourquoi un physicien veut travailler chez nous alors qu'il n'a jamais travaillé dans l'informatique. Mais dans tous les autres cas, les informaticiens qui postulent chez nous se dispensent de lettre de motivation. Et ils ont raison car la plupart ne me sert à rien. Avec un CV, je vais tout de suite à l'essentiel, j'examine les compétences techniques et les langages maîtrisés. Si le CV m'intéresse, j'appelle le candidat dans les dix minutes.


LE POSTE VA SE LIBÉRER

C’est la situation idéale. Celle que tous les candidats aimeraient rencontrer lors de leur recherche d’emploi. Elle résulte de l’activation de son réseau. Ex-collègues, fournisseurs, amis ou membres de la famille ont fourni le tuyau : untel a donné sa démission et un recrutement va être lancé pour le remplacer. Parfois, le poste en question n’est disponible que quelques mois plus tard, pour cause de départ programmé à la retraite. Pour le moment, peu de gens sont au parfum, du moins dans le cercle des candidats potentiels. Une situation rêvée si l’on veut tenter sa chance. Mais, à moins que votre indicateur ne travaille au département des ressources humaines, vous ne saurez pas grand-chose de plus sur le profil du poste que vous avez en ligne de mire.

Il va donc falloir enquêter en partant des faibles éléments d’informations que l’on possède. Appeler le démissionnaire ? Si vous ne le connaissez pas, c’est délicat. Dans ce cas, il est plus efficace de demander à votre informateur de vous mettre en relation avec lui. Il vous prendra plus facilement en ligne. De plus si vous parvenez jusqu’à lui par une recommandation, il sera plus en confiance pour parler de son poste, de la culture maison et vous conseillera sans détour sur la façon de poser votre candidature. Mais cette méthode est à double tranchant : si vous déplaisez au candidat partant, il peut aussi définitivement plomber votre recrutement par un mail assassin au recruteur chargé de lui trouver un remplaçant. S’il est influent, vous pouvez dire adieu à votre projet.

Dans le doute, mieux vaut donc se contenter de la voie traditionnelle en se rapprochant du service RH. Dans votre candidature spontanée, évoquez sans détour que vous avez appris la vacance imminente d’un poste. Avant de détailler ce que vous pensez pouvoir apporter à l’entreprise, soyez au fait de son identité. Car une TPE de deux ans d’âge ne cherchera pas le même profil qu’une société familiale et centenaire, même si les deux naviguent dans le même secteur. L’âge du candidat et son parcours ne seront pas évalués de la même manière dans l’une et dans l’autre. Il faut veiller à mettre en avant son sens de l’autonomie, dans le cas d’une structure souple, ou son adaptabilité et son goût pour le travail du collectif dans le cas d’une structure plus rigide.

 
 
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