

Postuler dans une entreprise étrangère (ou dont la clientèle est étrangère) exige souvent de rédiger sa candidature dans la langue de Shakespeare. Extrait de Réussir son CV, publié aux éditions L'Express, pour adopter les codes en vigueur.
QUAND PEUT-IL ETRE UTILE D'ENVOYER UN CV EN LANGUE ETRANGERE ?
La plupart des entreprises entretiennent des relations commerciales dans le monde entier. La mauvaise réputation des Français dans le maniement des langues étrangères n’étant plus à faire, il peut donc être opportun, lorsqu’on parle à la perfection la langue de Shakespeare, de rédiger son CV en anglais.
Pour Stéphanie Avio, « quand une entreprise possède des implantations à l’étranger et que l’on souhaite s’expatrier, on peut tout à fait envoyer un CV dans la langue concernée. De plus, je conseille de réaliser son CV en langue étrangère dans la forme usitée par les locaux : c’est une manière de montrer sa bonne connaissance de la culture du pays ; c’est également un indice de motivation ».
(...) Pour une banque dont le siège est en Italie, un CV dans une langue étrangère peut constituer un « plus » dans certaines situations : « Pour les agences proches des Alpes, qui reçoivent beaucoup d’Italiens, ou dans celles situées sur la Côte d’Azur, dans lesquelles se rendent de nombreux Britanniques, la maîtrise de la langue de ces clients étrangers s’impose. C’est évidemment un “plus” quand les candidats qui postulent à des emplois dans ces agences m’envoient un CV en anglais ou en italien ; c’est même un véritable atout. J’y vois un premier indice que le postulant maîtrise la langue, et je suis sensible à cet effort d’adaptation ; c’est aussi un bon moyen de se distinguer des autres candidatures. »
QUELLES SONT LES GRANDES DIFFERENCES ENTRE UN CV EN ANGLAIS ET UN CV EN FRANCAIS ?
Synthétique, percutant et chiffré : telles sont les principales caractéristiques du CV à l’anglo-saxonne.
« En Angleterre et aux États-Unis, les CV sont plus percutants qu’en France, assure Élisabeth Blanchet, journaliste installée à Londres et auteur de S’installer et travailler en Grande-Bretagne (Groupe Express Éditions). Il y a nettement moins de scrupules à se vendre. C’est pourquoi les gens n’hésitent pas à mettre en avant leurs qualités et leurs compétences. Autre différence, la culture des résultats : il faut donner le maximum d’informations chiffrées et quantifiables.
Dernière spécificité d’importance, les références. Il est recommandé de faire figurer à la fin de son CV une rubrique Referee comportant les coordonnées d’une ou deux personnes avec qui l’on a travaillé, par exemple un employeur ou bien encore un client, et si l’on est un jeune diplômé, un enseignant ou un responsable de stage. Il est également possible de joindre des lettres de références à son CV. Autre possibilité, indiquer la mention “references upon request”, ce qui signifie que vous tenez ces lettres à disposition du recruteur s’il souhaite en prendre connaissance. »
COMMENT DOIT-ON PRESENTER SON ETAT CIVIL ?
Selon que vous postulez en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, la manière de présenter cette rubrique variera.
Le site de l’ambassade de France
aux États-Unis fournit de nombreuses informations sur « travailler aux USA ».
Site : http://www.ambafrance-us.org/fr/
partirusa/travaillerus.asp
« En Grande-Bretagne, la manière de présenter son état civil (personal details) est relativement proche de la manière française, assure Élisabeth Blanchet. En revanche, aux États-Unis, il y a des différences. Ainsi, en raison de lois antidiscrimination, ne mentionnez ni votre âge, ni votre situation de famille et ne joignez pas de photo. Par ailleurs, ne faites pas figurer une adresse e-mail professionnelle car le recruteur en déduira que vous l’utilisez à des fins personnelles, ce qui est prohibé. Enfin, si vous n’avez pas d’adresse postale aux États-Unis, ne mentionnez qu’une adresse e-mail. »
UNE ACCROCHE EST-ELLE NECESSAIRE ?
Elle n’est pas obligatoire, mais se révèle néanmoins utile pour dynamiser un CV. Il en existe deux sortes : l’objective career et l’executive statement.
« Il est courant de faire figurer une accroche à son CV, assure Élisabeth Blanchet. Il en existe deux types : d’abord, celle qui permet de présenter son objectif (career objective). Dans ce cas, il faut mentionner le niveau du poste, les compétences que l’on espère mettre à profit ainsi que le domaine dans lequel on souhaite travailler. Autre possibilité, le résumé (summary of qualification/executive statement). Cette rubrique permet de présenter ses capacités, ses talents et aptitudes. Il ne faut l’utiliser que lorsque l’on a déjà une expérience professionnelle conséquente. »

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