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Décrocher un emploi 

Femmes : comment rassurer les recruteurs

 

Que faire en cas d'abus ou de litige ?

Congés maternité, problèmes de garde d'enfant, bébés malades... Les recruteurs sont parfois réticents à embaucher des mères de famille ou des femmes en âge de le devenir. Avec Femmes, tous les conseils pour réussir vos entretiens d'embauche, publié aux Editions L'Express, ajustez votre tactique et faites valoir vos droits si le recruteur va trop loin.

Céline Manceau & Laurence Merland (extrait de Femmes, tous les conseils pour réussir vos entretiens d'embauche, éditions L'Express) | LEntreprise.com | Mis en ligne le 15/03/2007
 
 

L’entretien de recrutement n’est pas un exercice figé avec une grille de questions précises avec autant de réponses types. Bien qu’un arsenal juridique existe, il n’est pas là pour fixer les procédures. Vous êtes dans une relation d’échange, il ne faut donc pas tout prendre au pied de la lettre. C’est pourquoi il est impossible de déterminer à l’avance si telle question dépasse les bornes : tout dépend du contexte, du poste, de l’entreprise, des interlocuteurs, de votre sensibilité, etc.

Comment savoir si le recruteur va trop loin ?

Le seuil qu’il ne faut pas franchir, c’est vous seule qui pouvez le déterminer. À partir du moment où vous êtes mal à l’aise, vous avez le droit d’estimer que le recruteur va trop loin, qu’il a passé la frontière qui sépare le recrutement de l’investigation policière. Bien sûr, chaque personne ne réagit pas de la même façon. Toutefois, il existe quand même certaines situations où vous pouvez être certaine que le recruteur outrepasse ses fonctions.

Premier indice : l’entretien débute par un interrogatoire sur la vie privée. L’émission Capital de M6 a pu montrer en 2004 des entretiens, filmés en caméra cachée, qui abordaient les questions sur la vie privée de candidates avant même que les aspects professionnels ne soient évoqués. Pourtant si des questions personnelles sont posées, elles ne devraient l’être qu’en fin d’entretien, comme le rappelle Christelle Tong-Cuong, consultante au sein du cabinet Kenseo : « On aborde en premier lieu le parcours du candidat, on le questionne sur les raisons de ses choix professionnels, sur ses aspirations… Les loisirs, la vie de famille… ne sont abordées qu’en fin de discussion, ce sont des informations complémentaires. »

Deuxième indice : le recruteur s’intéresse moins à votre expérience professionnelle qu’à votre vie personnelle. Même si elles n’ont pas été posées dès que vous avez pris place devant le recruteur, les questions personnelles peuvent finalement occuper davantage de place que la présentation de votre formation et de vos expériences. Si le recruteur n’en finit pas de vous interroger sur votre vie de famille, vous pouvez essayer au bout de quelques questions de lui rappeler l’objet de l’entretien : « J’aurais souhaité en savoir davantage sur le poste et l’entreprise. Est-ce que vous pouvez me le décrire plus précisément ? »

Troisième indice : les questions sont réservées aux femmes. Certes, la gestion du quotidien familial est assurée encore largement par les femmes, mais les questions doivent être soumises de façon identique aux femmes et aux hommes. La plupart des responsables des ressources humaines assurent qu’ils ne font pas de distinction entre les candidats hommes ou femmes. Vous avez cependant peu de moyens de le vérifier, sauf si vous connaissez des personnes dans l’entreprise ou si vous avez l’occasion de discuter avec les autres candidats convoqués en entretien.

Quatrième indice : les questions sont formulées de façon abrupte, sans être reliées au poste. Si on vous pose de but en blanc la question « Avez-vous des grands-parents ? », vous avez légitimement le droit d’être surprise. Mais s’il s’agit de travailler dans une maison de retraite ou en contact avec des personnes âgées, la question n’est pas forcément incongrue. Il est donc important que les questions qui touchent à la vie personnelle soient reliées au poste. Ainsi, si la question « Êtes-vous marié(e) ? » n’est pas intéressante à poser, celle sur la disponibilité peut l’être si le poste nécessite des déplacements ou des horaires tardifs [...].

Quels sont vos droits ?

En tant que candidate à un emploi, vous n’êtes malheureusement pas en position de force et même si vous estimez être dans votre droit, vous n’avez pas forcément envie d’entrer en conflit ouvert avec un employeur potentiel. Si la situation vous paraît suffisamment grave, vous pouvez quand même décider de réagir, soit immédiatement, soit après l’entretien.

Réagir sur le vif. Adepte du franc-parler, Éliane Moyet-Laffon, fondatrice et présidente du club HRM Women, encourage les femmes à ne pas se laisser faire. « J’ai moi-même perdu quelques clients à dire ce que je pense, reconnaît-elle, mais d’autres ont apprécié ma franchise. Si une femme a le sentiment qu’elle arrive dans une entreprise très macho, elle peut aussi décider de marquer le coup et de ne pas se laisser faire. Il ne s’agit pas de tout supporter, comme par exemple lorsqu’un dirigeant vous fait attendre deux heures (personnellement je n’attends pas plus de trente minutes, ensuite je dis à la secrétaire que j’ai un autre rendez-vous et que je dois partir). On peut aussi ne pas laisser passer certaines remarques en étant ferme et en faisant preuve d’humour. »

 
 
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