
CE QUE JE PEUX VOUS PROPOSER
Il y a des dizaines de manières de parler de soi dans une lettre. Mais il ne s’agit pas de paraphraser son CV. Réciter ses expériences successives pour prouver que le poste est fait pour nous ne convaincra personne. Dans ce paragraphe, il s’agit d’apporter des preuves concrètes de ce que l’on avance. Motivé, efficace, rigoureux, aimable, quelles que soient les qualités exigées dans l’annonce, il ne suffit pas de les affirmer pour que le recruteur vous croit sur parole. Il attend des preuves tangibles de votre adéquation au profil de l’annonce. À chacune de vos affirmations, il faut donc préciser le résultat atteint.
L’exercice consiste à se mettre à distance pour savoir se vendre et ainsi
trouver les bons arguments à mettre en avant. Dans cette optique, il faut
penser à rendre transférables les savoir-faire dont vous souhaitez parler.
Si vous parlez chiffres, taux de croissance ou produit, il est impératif de
tenir compte de votre lecteur. Et de les « traduire » si besoin. Ainsi, un
vendeur dans l’automobile qui postule dans un autre secteur devra traduire ses progressions de chiffre d’affaires en valeur absolue sous peine
de ne pas être compris par le recruteur. Un cadre travaillant pour des
produits que son lecteur risque de ne pas connaître doit les désigner en
termes génériques pour aider son recruteur à identifier la transférabilité
de ses compétences. Par exemple, un responsable de maintenance
industrielle indiquera ses objectifs qualité en termes compréhensibles
par d’autres entreprises. 
On peut imaginer moult autres façons d’accrocher son lecteur. Mais évitez le piège de la lettre façon sécu, le formulaire préécrit que ceux qui n’ont pas l’habitude d’écrire ont en revanche trop l’habitude de lire. Les lettres commençant par « pour faire suite à… », « par la présente, je… » ou d’autres locutions aussi poétiques qu’un verdict de cour d’assises sont à bannir à jamais. Qu’elles se trouvent dans l’introduction, le corps du texte ou la conclusion. Sauf à postuler à la sécu, ou au tribunal de grande instance.
CE QUE NOUS POUVONS FAIRE ENSEMBLE
Dans le troisième paragraphe de la
lettre, le candidat explique pourquoi
il pense pouvoir occuper le poste
proposé. À la différence du paragraphe
consacré au « MOI », à ses
réalisations en rapport avec le
poste proposé, il parle désormais
du « couple » qu’il souhaite former
avec l’entreprise. Là encore, pas de
phrase fleuve, pas d’emphase, il
s’agit de proposer sa collaboration
de façon réaliste et modeste. L’un
des « trucs » efficaces dans ce paragraphe consiste à titiller la curiosité
du recruteur pour lui donner envie de vous recevoir. En évoquant une
méthode, une stratégie, un plan d’action ou tout autre technique qu’il
faut évoquer de façon elliptique.

Je ne lis presque jamais les lettres. Mais il est un cas où je m’y attarde car le CV ne suffit pas : ce sont les virages de carrière. Un technicien en installation d’ordinateur a ainsi postulé pour être programmeur. Son CV ne collait évidemment pas au profil exigé mais sa lettre était très convaincante car il m’expliquait qu’il avait fait des remises à niveau en informatique le soir, avant de postuler chez nous.
LA DEMANDE DE RENDEZ-VOUS
Ne croyez pas que les recruteurs
zappent ce dernier paragraphe.
La demande de rendez-vous est
souvent révélatrice de l’état d’esprit
du candidat. Certains recruteurs
commencent même par la
fin pour savoir à qui ils ont à faire.
Le ton de la demande de rendezvous
peut aller de la supplique au
détachement total. Un juste milieu, enthousiaste mais sincère, est
recommandé.
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