

Le "je / vous / nous" est une méthode qui a fait ses preuves en matière de lettre de motivation. Avec Le Guide de la lettre de motivation, publié aux éditions L'Express, comprenez pourquoi et comment optimiser cette présentation en trois temps, qui vous donne toutes les chances de convaincre le recruteur.
Dans l’établissement du plan d’une lettre, pas question de se
contenter de glisser en vrac tout ce que l’on souhaite livrer à son
lecteur. Il s’agit de hiérarchiser les informations à distiller pour
qu’elles s’enchaînent le mieux possible. Nous vous conseillons de
construire votre lettre en prévoyant trois paragraphes que l’on peut résumer
par le triptyque VOUS-MOI-NOUS ou bien MOI-VOUS-NOUS :
- « Vous » : pourquoi vous m’intéressez
- « Moi » : ce que je peux vous apporter
- « Nous » : ce que nous pouvons faire ensemble
Ce sont les informations que tout recruteur souhaiterait trouver dans une lettre de motivation. Les deux premiers paragraphes peuvent être interchangés. Certains préfèreront parler d’eux avant que de parler de l’entreprise, il n’y a aucune règle imposée en la matière. L’essentiel étant de trouver les mots justes pour susciter la curiosité chez le lecteur dès les premières lignes.
Dans le jargon journalistique, une introduction est encore appelée « accroche ».
Et pour cause : elle n’a qu’un seul but, celui d’éveiller la curiosité du lecteur sur
un fait divers, une affaire politique ou un match de foot. Il s’agit de dresser le
décor, d’interpeller et de résumer en quelques phrases, l’intérêt de la chose, justifiant
ainsi la raison d’être de l’article. Si cette accroche est réussie, le lecteur
aura envie de continuer sa lecture. Mais si elle est sans saveur, sans nervosité,
avec des phrases longues comme des lundis de novembre pluvieux, le lecteur du
journal passera à une autre page. Ou à un autre journal.
L’introduction d’une lettre de motivation fonctionne exactement de la même
manière. Et dans le cas d’une réponse à une petite annonce, il s’agit de rappeler
dès le départ le bien-fondé du courrier en reprenant l’intitulé de la petite
annonce pour que le lecteur sache immédiatement que l’on postule à cette
offre..
POURQUOI JE VOUS ÉCRIS
La plupart des lettres ne comportent que deux des trois éléments du « Vous-Moi-Nous ». Le candidat reste muet sur l’entreprise (« Vous ») car il la connaît mal et n’a pas pris la peine de chercher des informations sur la structure. Et c’est regrettable car sa lettre donne l’impression qu’il démarche toutes les entreprises avec la même missive. Face à ce défaut, les recruteurs ont deux attitudes : soit le CV est intéressant et ils passent outre. Soit le CV n’a rien d’exaltant et comme la lettre ne le rattrape pas, le tout finira dans une corbeille.
Il ne s’agit pas de cirer les pompes. Rappeler à une entreprise qu’elle est le « leader incontesté de l’aspirateur traîneau » n’a strictement aucun intérêt dans une lettre de motivation. L’entreprise est un peu au courant de ses performances et vous n’êtes pas un fin limier puisque la moitié de la planète détient déjà cette info… Il faut lui démontrer que sa performance économique vous intéresse pour une raison qui a un rapport direct avec votre métier.
Exemples


Réussir cette introduction est vitale. Elle donne le ton de la suite et dessine un portrait en creux de celui qui écrit. Des phrases simples, courtes, interpellant le lecteur donneront de l’auteur une image dynamique. Au contraire si les phrases sont longues et alambiquées, complexes et difficiles à cerner, l’auteur sera jugé de la même manière. Pour autant, il ne faut pas tomber dans l’excès inverse qui consiste à ne jamais glisser plus de quatre mots dans une même phrase. Tout est question de dosage, de respiration, d’équilibre et d’alternance.
L’une des différences entre l’accroche d’une lettre de réponse à une offre
d’emploi et une autre destinée à offrir ses services en candidature spontanée,
tient dans l’accroche des deux courriers. Si dans le premier cas, l’on
en vient à parler de soi dès les premières phrases, dans le second exercice,
il s’agit avant tout de mettre en avant les besoins de l’entreprise, même si
ces besoins sont supposés. Cela revient à poser un problème que notre
expérience et notre formation sera à même de résoudre. Attention néanmoins
à ne pas compliquer cette introduction, même si l’on dispose de renseignements
ultraprécis sur l’entreprise convoitée. 
Trouver de bons arguments pour élaborer une lettre efficace prend souvent plus d’une heure. Entre la phase de recherche d’informations et l’écriture, certains candidats y consacrent des journées entières. Mais c’est la seule façon de se distinguer presque à coup sûr à condition que le CV corresponde au profil demandé bien sûr. Mais ce temps n’est pas perdu car ils s’en resservent au moment de la relance, puis de l’entretien.
Dans le cas d’un courrier destiné à
répondre à une offre d’emploi
émanant d’un cabinet ou d’une
agence d’intérim, pas de problème.
On se contentera de répondre
comme si de rien n’était. En
revanche, si l’on s’adresse de
manière spontanée à un consultant,
pour enrichir sa CV-thèque
ou dans l’espoir qu’il ait parmi ses
clients une chaussure correspondant
à notre pied, l’affaire s’avère
plus délicate. Il faut vendre ses
compétences, sans pour autant
s’appuyer sur un poste précis, un profil précis, et même une entreprise précise.
Un flou artistique qui ne doit pas se traduire par une hésitation sensible
dès l’introduction.
Dans la première introduction, l’auteur néglige totalement le cabinet, en
se contentant de supposer que, éventuellement, pourquoi pas, peut-être
aurait-il un client intéressé par sa candidature. Non seulement il dévalorise le cabinet, mais il se dévalorise également lui-même. En revanche,
dans la seconde mouture, l’auteur met d’emblée en avant le cabinet,
s’enhardissant dans une métaphore footballistique (transfert). Un parallèle,
certes osé, mais qui peut faire mouche avec un lecteur consultant
qui a de l’humour ou qui aime le foot. Les deux n’étant pas forcément
inconciliables.

