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Boulot et vie perso 

Quand les cours de chant renforcent le charisme

 

Quatre vraies raisons travailler sa voix

Etienne Gless | LEntreprise.com | Mis en ligne le 27/10/2006
 
 
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Quand les cours de chant renforcent le charisme

 
 
 

> Chanter dynamise

« Mes élèves arrivent stressés ou fatigués. Ils retrouvent ici la pêche et la joie, et ressortent gonflés à bloc après une heure de cours », constate Jean-Paul Vauquelin, ancien baryton de l'opéra de Paris, président de l'association lyrique du XIVe arrondissement de Paris. Les effets euphoriques du chant ont une explication neurophysiologique : les vibrations produites par les cordes vocales nourrissent et développent les neurones du cerveau. Chanter oxygène le sang.

Chanter pousse à se dépasser. « Le chant lyrique ressemble à une passion nietzschéenne : vous devez sortir quelque chose qui est à l'intérieur de vous, cela vous pousse à vous dépasser. Ah ! la sensation de puissance quand trois mille personnes sont suspendues à vos lèvres ! » s'enflamme Jean-Claude Marion. Car le chant lyrique, à la différence de la variété, exige une intense participation du corps : sans micro, le chanteur doit surpasser l'orchestre sans forcer la voix. Pour les professeurs et amateurs de chant lyrique, seul ce type de chant permet de vraiment « sortir » sa voix.

Chanter aide à gérer ses émotions. « Le chant est particulièrement recommandé aux émotifs, explique Jean-Claude Marion, qui a guéri du bégaiement plusieurs adultes. Toutes les émotions peuvent être contrôlées avec un diaphragme en contraction, car ce muscle gère tous ceux du corps. » Les bons cours enseignent à retrouver une respiration profonde et lente quand la plupart des gens ont une respiration superficielle : l'inhibition de la respiration étant la principale cause de la névrose, le chant se révèle souvent un excellent antidote !

« Le travail sur la voix permet de débloquer chez la personne le souffle, remarque Isabelle Charles, qui fut le professeur de chant des élèves de la Star Academy IV. J'explique donc à mes élèves comment descendre le diaphragme pour lever le thorax et déplacer les énergies dans le bas du ventre et non dans la gorge et la bouche. » Enfantin : un bébé qui pleure durant des heures sait se servir, lui, de son diaphragme !

Chanter détend. « A la Star Ac, je faisais faire le gorille aux candidats pour détendre tout leur corps ! » se souvient Isabelle Charles. Quant à Philip J. Glenister, professeur de chant et de théâtre musical, il demande à ses élèves de faire le petit chien haletant ou des exercices de bâillement : « J'ai parmi mes élèves des dirigeants hypertendus. La tension dans la mâchoire ou la gorge les empêche de bien respirer. Or, si vous êtes détendu, vous offrirez à votre public plus de spontanéité et vous aurez un meilleur usage de vos émotions, bref une meilleure expression en public ! » A contrario, tendu, lèvres pincées, la voix dans la gorge, le discours est retenu, sans émotion vraie : il manifeste la peur de perdre le contrôle. Philip J. Glenister a ainsi « rectifié » le big boss d'une multinationale : « Le chant l'a rendu plus sincère, plus enthousiaste et plus chaleureux. »

Une fois éliminées les tensions, les exercices varient selon les professeurs, mais tous visent à trouver le timbre naturel de votre voix. « J'enregistre toujours mes cours sur une cassette, car les élèves ont des surprises quand ils découvrent leur vrai timbre ! » s'amuse Philip J. Glenister. Enfin, après des exercices d'articulation et de diction, un bon cours vous apprendra à placer votre voix sur votre respiration, à chanter fort sans forcer

 

Jean-Paul Grau, informaticien chez Bouygues Télécom, ténor, prend des cours avec avec Jean-Paul Vauquelin

« Je suis depuis quatre ans le cours de chant de Jean-Paul Vauquelin. Je viens de chanter Léandre dans Le Médecin malgré lui (Gounod), devant 250 personnes. Le chant me déstresse, il me permet de m'enhardir. Après un cours ou un concert, je ressens un bien-être général. Les bienfaits dans la vie professionnelle s'apprécient dans la durée. Je ne suis pas introverti de nature et n'ai pas de difficultés pour parler en public, mais je me suis rendu compte que je gagnais en assurance dans l'exercice de mon job, par exemple quand j'interviens devant dix à cinquante personnes. »
 

 
 
 
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