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« Je passe ma vie au volant... et j'aime ça »

 

La voiture, meilleure ennemie de l'homme

Pour limiter les risques d'accidents, tout est mis en oeuvre pour astreindre les conducteurs à respecter les limitations de vitesse.

Amaury Mestre de Laroque | LEntreprise.com | Mis en ligne le 22/06/2005
 
 

Patrouilles volantes, radars automatiques, détecteurs de vitesse mobiles, la tactique du gendarme s'est perfectionnée. Tout est mis en oeuvre pour astreindre les conducteurs à respecter les limitations de vitesse. Ceux qui passent quatre heures par jour sur les routes doivent avoir l'oeil partout pour éviter de perdre le précieux permis de conduire, qui est aussi un permis de travailler. « S'il est clair que la vitesse est un facteur aggravant en cas d'accident, les limitations de vitesse telles qu'elles sont faites aujourd'hui sont dénuées de bon sens et sont très injustes », explique Jean-Pierre Beltoise. Avec 3 millions de kilomètres au compteur et aucun accident, l'ancien champion de Formule 1 et créateur de l'école Conduire juste n'est pas tendre avec le système « tout répressif » mis en place en France. Pour lui qui milite depuis vingt ans en faveur d'un meilleur apprentissage avant, plutôt que pour la sanction après, le bilan est mitigé. « Chaque année, nous enseignons avec succès à 10 000 élèves à parer à l'imprévisible, à rester maître du véhicule en toutes circonstances, explique ce spécialiste. 90 % viennent d'entreprises qui préfèrent payer des formations à leurs employés que voir se multiplier les sinistres sans rien faire. Mais le nombre de candidats aux cours de perfectionnement de la conduite demeure bien faible en regard du nombre de nouveaux conducteurs annuels, 5 000 par département ! Et ils sont souvent à l'origine des accidents de la circulation. »

Alors, chez les gros rouleurs, qui causent plutôt moins d'accidents que les autres, on utilise le GPS pour repérer les radars automatiques. « Aujourd'hui, je passe plus de temps à regarder les panneaux, le compteur de vitesse et mon GPS que la route elle-même. Je fais exactement l'inverse de ce que j'enseigne dans mes écoles, à savoir se concentrer uniquement et exclusivement sur la route. C'est aberrant : pour pouvoir conserver mon permis de conduire, je conduis moins bien qu'avant ! » conclut Jean-Pierre Beltoise.

Outre les radars, l'automobiliste au long cours doit apprendre à domestiquer un autre « fléau », le trop fameux « mal de dos ». Si, pour l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes), 70 à 80 % des Français sont confrontés un jour ou l'autre à ce type de douleur, le gros rouleur reste le sujet à risque par excellence. Ainsi la rachialgie, plus communément appelée tour de reins, lumbago, sciatique ou torticolis, représente la deuxième cause de consultation chez le médecin généraliste et la première cause d'invalidité des personnes de moins de 45 ans (elle concerne 7 % des arrêts de travail).

 
 
 
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