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Kit pratique / Dossier spécial gestion de flottes automobiles

 

L’insolente santé des voitures de société

Jusqu’où iront les ventes aux sociétés ? Depuis plusieurs années maintenant ce sont elles qui soutiennent le marché des immatriculations. Cela s’est encore vérifié en 2007, avec une progression de 5 % à près d’un million de véhicules mis à la route.

LEntreprise.com | Mis en ligne le 23/04/2008
 
 

Certes la fiscalité écologique et l’instauration d’un malus de 200 à 2 600 euros en fonction des émissions de C02 est passée par là ; elle explique le rush des entreprises pour commander leurs véhicules en fin d’année, avant que le dispositif n’entre en vigueur. Mais la montée en puissance des achats des flottes d’entreprises est désormais une constante bien ancrée en France. « Les courbes des ventes aux particuliers et aux sociétés se sont croisées en 2003 », rappelle l’Observatoire du véhicule d’entreprise dans son bilan 2007.
Aujourd’hui, l’activité avec les entreprises représente environ 52 % du marché alors que les achats des ménages sont descendus à 48 %. Conséquence directe de la part prépondérante prise par les ventes aux professionnels, la diésélisation du parc français ne se dément pas. La TVA est récupérable sur le gazole des véhicules Diesel des sociétés et des artisans (à 80 % pour les VP et à 100 % pour les utilitaires légers et les véhicules deux places). Les ventes de véhicules à motorisation à essence sont inexistantes sur ce marché et le Diesel a vu l’an dernier sa part de marché frôler les 74 % (trois voitures particulières sur quatre).

Quand l’OVE ausculte les flottes

Depuis novembre 2002, sous l’impulsion d’Arval, l’Observatoire du véhicule d’entreprise (OVE) prend le pouls des flottes automobiles. Quelles tendances décèle-t-il pour les années à venir ? Une montée en puissance, lente mais constante, des équipements de bord. « Ce sont des alliés efficaces de la sécurité et des économies de carburant », souligne l’OVE dans son dernier rapport. Sur la base d’études néerlandaises, il rappelle que l’utilisation d’un système de navigation réduit en moyenne de 16 % le nombre de kilomètres parcourus et de 18 % le temps de parcours pour une destination inconnue ».
Quant à la consommation de carburant, elle est diminuée de l’ordre de 15 %. Pour réellement pénétrer les flottes de sociétés, il faut aujourd’hui que leur coût baisse. « On peut espérer l’arrivée prochaine sur le marché d’équipements couleur autour de 1 000 à 1 500 euros », estime l’OVE. Autre montée en puissance annoncée par l’Observatoire, les technologies de gestion de tournées. « 2008 pourrait bien être le début du développement de masse », selon lui. Les prix ont baissé et la technologie semble bien rôdée.
En 2006, quelque 70 000 véhicules étaient équipés de ces logiciels, soit à peine 1,4 % du parc des entreprises françaises. Last but not least, la prise de conscience du développement durable dans les parcs de véhicules paraît être la grande affaire des prochaines années. Il est vrai que la fiscalité écologique incite – quand elle ne contraint pas – les dirigeants d’entreprises à avoir cette démarche. Quoi qu’il en soit, affirme l’OVE, « la part des véhicules aux émissions inférieures à 140 g de CO2 par km devrait dépasser les 50 % des immatriculations totales ».

Au sein de ce marché des ventes sociétés dynamique, un mode de financement en particulier prospère : la location longue durée ou LLD. « Entre 2003 et 2007, le nombre de mises à la route en LLD a fait un bond de 20 %, passant de 342 000 à 410 000 véhicules », explique encore l’OVE. Du coup, le parc des véhicules en LLD s’est aussi singulièrement étoffé, passant de 830 600 à plus d’un million d’unités en 2007 (soit plus de 25% de croissance !) « Le produit est manifestement bien adapté à l’exploitation des entreprises », indique l’Observatoire en prévoyant que ses parts de marché continueront d’augmenter dans les prochaines années.
Aujourd’hui, elle représente 55 % du marché des entreprises. Il est vrai que, dans le même temps, les cibles de clientèle se diversifient : pour compenser la maturité des segments de PME de 100 à 1 000 salariés et celui des grandes entreprises, les loueurs tournent tous autour des petits parcs, des professions libérales et du secteur public. Pour la grande majorité des professionnels, l’avenir réside dans les TPE (environ 2 millions d’entreprises en France). A court terme, elle a surtout un coût pour eux, en terme de prospection. Les loueurs filiales de banques comme Arval (BNP Paribas) ou ALD Automotive (Société Générale) comptent sur leurs réseaux pour les approcher. D’autres mettent au point des packages qu’ils commercialisent via les concessionnaires (LocAction de LeasePlan ou Celt de GE Capital Solutions Fleet Services).

Au total, le recours à la LLD est presque systématique dans les entreprises de plus de 10 salariés (62 % des sociétés de 100 à 999 salariés et 79 % des groupes de plus de 1 000 personnes). Dans les PME-PMI, les choses évoluent, avec un moindre recours au crédit au profit de la LOA (36) et de la LLD (20 %). Mais c’est toujours le paiement comptant qui rallie les suffrages dans les entreprises de moins de 100 personnes. Enfin, chez les très petites entreprises (TPE), la LLD ne joue qu’un rôle mineur (4 % du mode de financement), mais les loueurs en font clairement leur cheval de bataille des années futures.

Résultats en croissance

Les loueurs annoncent tous de bonnes performances commerciales en 2007. Hors constructeurs, c’est ALD Automotive qui fait la course en tête avec un parc total de 217 000 véhicules gérés. Mais Arval n’est pas très loin avec 209 775 unités, alors que GE Capital Solutions Fleet Services a pour la première fois franchi l’an dernier le cap des 100 000 voitures en parc.
Ces acteurs devront compter avec les ambitions retrouvées de LeasePlan qui a signé l’année dernière quelques contrats significatifs avec Elyo, Axa ou L’Oréal. Toutefois le marché des flottes automobiles reste dominé par les filiales financement des constructeurs. Diac Location-Overlease annonce 225 000 unités gérées pour quelque 35 000 clients actifs. Peugeot pour sa part affiche 178 566 véhicules au compteur, alors que Citroën annonce 88 000 voitures financées.

Avec le développement de la fiscalité écologique et la hausse du poids financier de la voiture dans les budgets des sociétés, quel peut être le rôle des professionnels de l’automobile ? Sans aucun doute de fournir de plus en plus de conseils aux flottes. Car les gestionnaires de parcs vont être amenés à raisonner en coût total de possession de leurs véhicules (le total cost of ownership ou TCO), incluent une grande diversité de postes. Les loueurs et autres sociétés financières captives des constructeurs vont parallèlement poursuivre l’internationalisation de leurs activités, afin d’être capables de suivre leurs clients à l’étranger et de répondre à leurs demandes. Arval et ALD sont tous deux présents dans 39 pays et ils continuent à ouvrir des filiales ou à racheter des acteurs locaux (en Hongrie pour Arval, en Belgique et au Luxembourg pour ALD).
Dans ce domaine, un acteur a particulièrement animé le marché ces derniers mois : LeasePlan. Le loueur, dont l’actionnaire majoritaire est Volkswagen, a ouvert deux filiales en Turquie et en Roumanie, tout en gagnant des parts de marché en France avec le rachat de DCS Fleet (groupe Mercedes). Croître dans de bonnes conditions, être capable de bien revendre ses véhicules en fin de contrats pour garantir leur valeur résiduelle, accompagner les clients à l’étranger et continuer à innover sur le front des services et des prestations. La feuille de route des loueurs longue durée est tracée pour longtemps encore.

 
 
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